Quels films pour nos enfants ?Quels films pour nos enfants ?

 

ACCUEIL

 

LES FILMS

 

THEORIES

 

LES LIENS

Batman, le défi

BATMAN : LE DEFI - LE RETOUR DE BATMAN

Sans dégâts dès : 14 ans - Âge conseillé : 15 ans

 

DUREE
126 minutes
MONTAGE

Film de 1992, réalisé par Tim Burton, avec de noirs effets gothiques propres au réalisateur. L'introduction se déroule 33 ans avant l'entier du film. Il va se passer différentes choses en même temps.

MESSAGE

Relation adulte. On voit Batman s’éprendre d’une femme, mais on ne nous présente pas l’amour, plutôt une relation basée sur le désir de l’autre. Étrange de voir comme il est attiré par une femme plutôt à côté de la plaque (il rechercher une personne qui lui corresponde, avec ses zones d'ombre). Femme forte et sexy. Une secrétaire timide deviendra la sexy Catwoman. Une femme qui soumet les hommes à sa botte de cuir. On la voit appâter le mâle et ne pas hésiter à lui faire du mal.

Apparence. Beauté. Sous des airs de critiquer ceux qui utilisent la femme pour vendre, ce film met en avant le corps de la femme. Femme sexualisée. On critique l'homme qui prend la femme pour une inférieure, mais on nous présente beaucoup d'images sexualisées de la femme, qui n'hésite pas à utiliser sa plastique pour plaire.On nous montre l’intérêt des hommes pour la plastique féminine. Le méchant reste laid et le justicier est beau.

Solitude. Batman et Catwoman tentent une relation qui devrait les sortir de leur solitude, mais rien n'est facile et ils ne parviendront pas à lier leurs différentes personnalités. Le Pingouin est pathétique dans son besoin de trouver une femme. Intégration. Besoin de ne pas être rejeté, d'être respecté. Si l’on veut faire accepter la différence, le pingouin et ses sbires, étranges personnages de cirque, n’inspirent pas confiance, et même Batman qui est sensé être le héros est une créature étrange qui peut faire peur, l'intégration semble impossible pour ceux qui ont une personnalité.

La liberté. En dehors des normes, les personnages se permettent ce qu’ils veulent, autant le Pingouin, Catwoman que Batman sont libres, ont leurs règles, et se permette de vaciller entre le bien et le mal. Critique du citoyen dans la masse. Les passants se font descendre, une passante risque de se faire violer, et on voit bien qu’ils ne sont rien sans Batman, la norme est ici méprisable. On se moque des électeurs capables d’élire le Pingouin.

Le bien et le mal. Un manteau blanc recouvre Gotham, il y a quelque chose caché dessous, la ville donne naissance à des humains qui cachent leurs secrets, elle nous dévoilera plusieurs de ses monstres. Mais on perçoit l’humanité derrière le pingouin, sa fragilité, il découvrira que vivre parmi les hommes ne le rend pas plus heureux. Selina Kyle devient Catwoman et représente ce conflit intérieur qui nous pousse à l’agressivité ou à la soumission "la belle et la bête réunie". Bruce Wayne ou l’industriel Shreck, complètent ce tableau d'humains dérangés qui nous propose finalement un film de super héros qui sort finalement du manichéen.

Critique de la bourgeoisie. Ceux qui possèdent l'argent veulent toujours plus. On voit deux parents de la haute rejeter leur enfant quand il a un handicap, ou un riche influent vouloir piller les ressources de la ville. Le pouvoir permet de cacher ses malversations, ici l'industriel a caché le meurtre d'un ancien associé, il rejette ses déchets toxiques dans les égouts et gère des maisons insalubres. Soutien parental. On n'accepte pas que les riches fassent n'importe quoi, le Pingouin va bien leur renvoyer qu'ils feraient mieux de s'occuper de leurs enfants plutôt que de prendre plaisir dans des fêtes luxueuses. Consommation.

Importance de la politique. On voit ici un maire qui ne se laisse pas influencer par l'industriel, ne veut pas lui donner de passe-droit, même s'il est influent. C'est important l'honnêteté dans la politique, il ne faut pas faire n'importe quoi avec les élections.

Critique de la vengeance. Il ne faut pas se perdre dans le besoin de se venger, c'est à la justice de condamner le tueur. Respect de la vie.

Responsabilité. Se sentir investi d'une mission. Besoin de réparation, un homme ne peut pas laisser le mal dans sa ville, on voit Batman répondre quand la police lui lance son signal. Implication.

Quête identitaire d'un homme handicapé qui, en manque d'estime de soi, est devenu agressif et a besoin de devenir important (il va rechercher du pouvoir, s’interroger sur sa famille, vouloir savoir d’où il vient). Souffrance de Catwoman qui ne supporte pas la dualité qui est en elle, qui n'arrive pas à canaliser son agressivité.

Protection du père. Même le méchant va protéger son enfant.

SCENES DIFFICILES

Mises en danger. Loubards qui sortent en moto d'un gros cadeau pour s'attaquer aux passants, gang du cirque qui démolit tout dans la ville (tirs à la mitrailleuse, mise à feu d'un magasin de jouet). Demoiselle prise en otage, menacée par un taser. Kidnapping de bébé, utilisé pour faire croire que le pingouin est un gentil qui a retrouvé l’enfant. Homme qui veut violer une demoiselle dans une ruelle, il va se faire lacérer le visage par Catwoman qui sera aussi agressive avec la fille qu’elle traitera d’allumeuse. Le pingouin croque le nez d’un garçon et lui fait gicler du sang. Commerçants attaqués, magasins pillés, coups violents, utilisation de bazooka. Policiers qui tirent sur Batman, il est envoyé au sol, Catwoman en profite pour l’attaquer. Après avoir fait exploser le véhicule du Pingouin, celui-ci saute sur Batman, armé d'un parapluie épée.

Mort. Batman met le feu à un homme avec sa Batmobile. La "princesse" prise en otage croit qu'elle est libérée, mais le Pingouin la fera tomber dans le vide avec l'aide de chauves-souris pour que ce soit Batman qui soit accusé. Pingoin a le plan de kidnapper tous les enfants fils aînés de Gotham et de les tuer, un de ses hommes qui trouve cela moyen se fait descendre. Le Pingouin envoie ses animaux, harnachés de bombes, pour faire exploser tous les humains de Gotham. Catwoman se fait descendre par plusieurs balles, moment plutôt dur et malsain lorsqu'elle tue d'un baiser où elle pose un teaser entre sa bouche et celle de Shreck qui l'électrocute avec sa victime. Pingouin ensanglanté qui veut tuer Batman, on le voit agoniser, la bouche pleine de sang vert.

Malaise. On entend hurler une femme, on comprendra que c'est un accouchement. On comprend que le bébé a un problème, les parents l'ont enfermé dans une cache, il réussit à attraper un chat qui va disparaître dans la cage. Les parents se séparent de l'enfant en jetant son landau dans une rivière qui le conduit dans les égouts. On réalise que la secrétaire a découvert le plan secret de son patron, celui-ci menace de la tuer, puis fait semblant d’avoir plaisanté avant de la pousser dans le vide à travers une fenêtre. On la retrouve gisante au sol, avec des chats qui vont lui redonner vie, on en voit un lui mordiller ses doigts en sang. Scène d’hystérie, où la secrétaire casse tout chez elle, poignarde ses peluches, les passes au mixer. Catwoman veut avaler un oiseau. On fait croire que Batman est un méchant qui s'en est pris à une femme. La batmobile est désossée par le gang du cirque, le Pingouin en prend le contrôle et fait faire plein d'accidents à Batman, la population va croire qu'il tente de les tuer. Fureur du Pingouin quand il est rejeté, autant par Catwoman qui ne veut pas coucher avec lui, que le peuple qui entend ses véritables discours.

Mystère. Étranges mains derrière le caniveau, on sent qu'il y a quelqu'un qui observe. On ne comprend pas vraiment les motivations du Pingouin à rechercher dans les archives de la ville, il fait croire que c’est pour retrouver ses parents, mais cela ne semble pas être sa véritable intention. On parle de disparition d’enfant non élucidé.

Visuel effrayant. Le film est sombre, presque entièrement nocturne. On peut voir du sang, des cicatrices. Environnement. Plus proche de l'ambiance cimetière que de la ville. Personnage hideux. Le Pingouin a une face impressionnante, nez crochu, yeux cernés, dents noires, il peut baver et est obèse, on le voit manger un poisson cru, répugnant. Cadavre de Shreck carbonisé.

Moquerie. On dénigre la secrétaire, lui renvoyant qu'elle sait bien faire le café. Pathétique femme qui est seule avec son chat, en attente d'un homme.

Allusions sexuelles. Le pingouin est un frustré, il ne cesse de penser aux femmes « C’est à elle que j’aimerai complet le vide », « ça baise du matin au soir », « t’es si beau cul, belle gueule que pour un gentleman comme moi, tu es un rêve », « peloter ». « Et l’étalon, je ne vous savais pas contre les femmes. Tout contre ». On voit bien que Catwoman excite le pingouin pour s’en faire un allié, toute de latex elle est une charmante représentante du SM, avec plusieurs actions bien représentatives (fouet, griffe) ou symbolique (avaler un petit oiseau ou caresser un chat).

VOCABULAIRE
Quelques vulgarités (salopard, pigé, saloperie, dégueulé, cassez-vous, salaud, je m'en fous).

Commentaires. Un film dérangeant, pessimiste avec des personnages malades. La suite du premier film, avec des scènes encore plus noires, ce n'est pas pensé pour les enfants, mais il plaira aux amateurs de Batman.

Thèmes. Superhéros. Solitude. Cupidité. Soutien parental. Politique. Quête identitaire. Vengeance. Responsabilité. Respect de la vie. Intégration. Sexualisation de personnages. Liberté. Consommation.

Batman a été souvent le héros dans différentes productions. En 1966, Batman le film, plutôt enfantin, puis les films de Burton, Batman et Batman le défi. Christopher Nolan a produit une nouvelle trilogie, plus réaliste et violente, avec par exemple le troisième, The Dark Knight Rise. Il existe différentes séries animées, comme Batman la série animée, Batman l'alliance des héros. Des films d'animation, comme Batman Year One, Batman, the Dark Knight returns part 1 et part 2, Batman et Red Hood : sous le masque rouge, Batman assaut sur Arkham, ou même un film LEGO, Batman le film. La Justice League a aussi des moments avec Batman. Gotham est une série qui raconte l'enfance du héros.

Ce que disent les autres. Un film dont le contenu mérite de belles analyses, ici et ici.