Wardi est un film d’animation de 2019. Principalement en stop motion, on peut découvrir cependant différentes techniques comme de l’animation classique quand le grand père se remémore ses souvenirs (le film joue avec les retours en arrière). Il peut y avoir des images à la télévision, avec de véritables photos ou extraits de films noir blanc. Photos d’un album souvenir.

MESSAGES

Pauvreté

Les parents de Wardi ont des soucis d’argent, le père ne veut pas demander de l’aide. On découvre un vieil homme qui doit arrêter un traitement médicamenteux, car cela coute trop cher. On voit des intérieurs de maison qui dévoile une pauvreté. Avoir une radio peut être considéré avoir de la richesse. Faire un habit avec des restes de tissus. Une femme avec beaucoup de dents en moins. Différence de classe. On voit la différence entre le camp et la ville au Liban. Entraide. On voit comme il peut y avoir du soutien entre les différents réfugiés (la famille de Wardi aide un homme handicapé syrien). Débrouille. Avec un homme qui reste en haut d’une maison et s’occupe de pigeon.

Espoir

L’espoir des personnes âgées, c’est leurs petits enfants. Des réfugiés doivent pouvoir garder espoir, sinon ils n’ont plus vraiment une raison de vivre. On peut voir des personnes heureuses entourées de maisons en ruine, on peut les voir s’amuser. « Même s’il fait très très noir, essaie de trouver un endroit où il fait un peu de lumière et restes-y ». Compliqué de fonctionner, on peut avoir peur du passé et du futur, et rester dans le présent et ne plus avoir envie de fonctionner avec les autres.

Histoire

Le film nous présente la réalité, on le sent avec des moments où on voit des photos de vraies personnes. Importance de connaitre son passé, l’arrière-grand-père explique à sa petite fille qu’il faut connaitre son passé. 1948, avant la Nakba (l’exode palestinien durant la guerre israélo-arabe) et 1949, après. Révolution palestinienne, 1950. Puis d’autres dates… Savoir d’où on vient grâce à ce qui est dit par les ancêtres, et en comprenant l’endroit où ils étaient. Origine. Importance du lien entre les générations.

Guerre

Les guerres créent des traumatismes. Avec ce film, on a l’impression qu’elle ne s’arrête jamais pour les réfugiés palestiniens partis au Liban. Révolution Palestinenne. Une jeunesse qui n’a rien à perdre et qui veut faire la révolution, ils prennent les armes et ont de l’espoir de changer leur condition. Avec des jeunes qui repartent là où habitaient leurs parents, mais qui reviennent bredouilles. Invasion israélienne de 1982. Sièges des camps par la milice libanaise. Résistance. On voit comme des hommes peuvent tenter de survivre à des moments de guerre, et comme tout n’est pas simple si on veut s’opposer.

Temporalité

Un film qui montre bien le passage du temps. Une scène nous montre l’évolution du camp de réfugiés, avec un arbre qui pousse et des maisons qui se pérennisent. Vieillesse. On nous montre un vieillard, il est malade (on l’entend tousser), se déplace avec une cane, il a un bon lien avec sa petite fille. Grand-parent. Une petite fille qui a un lien fort avec son arrière-grand-père. Il est celui qui sait, et qui guide (plutôt par les paroles, parce que le corps ne suit plus).

Wardi

Wardi

Mort

On parle des morts par balle, mais aussi de vieillesse. Difficile de faire face aux morts de personnes que l’on connait où que l’on aime. On nous montre l’agonie de l’arrière-grand-père, accompagné de sa petite fille à qui il a transmis ce qu’il était. On voit comme la mémoire peut fluctuer, comme on peut être aussi dans le passé. De belles images autour de la vie d’un homme. Importance du relationnel, d’être entouré durant ce moment. Ceux qui restent ressentent la frustration de n’avoir pas assez parlé avec celui qui est mort. Maladie. Un vieil homme ne veut plus prendre son traitement, cela va le rapprocher de la mort.

Tolérance

Vie difficile des réfugiés, ici des Palestiniens qui vivent dans un camp à Beyrouth au Liban. On nous montre que ce sont des humains comme les autres, on voit qu’ils ont souffert et une femme exprime bien les choses, elle ne déteste pas ceux contre qui ils ont fait la guerre, sauf si ceux-ci continuent à les détester. Il faut pouvoir vivre ensemble. Racisme. On entend un homme traiter les enfants de sales Palestiniens.

Pays arabe

Liban. On nous montre un camp de réfugiés à Beyrouth. On nous parle de la Palestine.

Femme performante

À travers Wardi, on découvre une enfant motivée à s’en sortir, qui s’inquiète pour son grand-père. Une image positive d’une petite fille qui agit.

École

Une jeune fille travaille bien à l’école, elle reçoit de bonnes notes. Travailler dur pour son futur est un peu l’unique chance de s’en sortir, et Wardi espère bien pouvoir continuer l’école et faire des études qui lui permettront un bon métier.

Nature

Du temps de la jeunesse de l’arrière-grand-père, on le voit dans la nature, cultiver avec son père. Le grand-père a planté un arbre, on le verra grandir. Cela contraste beaucoup avec la vie de Wardi dans une ville.

Foyer

Difficulté à quitter son pays, sa maison. Importance d’avoir un lieu à soi. Problématique des réfugiés.

Wardi

Wardi

SCÈNES DIFFICILES

Mises en danger

Militaires armés qui encerclent des hommes, on entend un coup de feu et on peut imaginer qu’ils en ont tué deux personnes, on voit de la fumée sortir de la maison, des personnes marcher pied nu. Le grand-père jeune se fait tirer dessus de nuit pour avoir voulu reprendre le pays qu’avaient perdu ses parents. Hélicoptère qui fait tomber une tôle qui risque de blesser Wardi. Hommes armés qui sont proches d’un char, ils font exploser une mine, et si cela arrête le char, cela tue un des camarades de l’homme, on voit son cadavre ensanglanté pendant que les bombes tombent, un lézard passe sous le tissu qui est sur la tête du mort et le fait mouvoir d’une façon plutôt dérangeante. Enfants dans une cave durant que des militaires assiègent le camp, ils sont entourés d’autres personnes prostrées, une grosse explosion leur fait peur, puis beaucoup de bruit qui angoisse la grande sœur, elle voit toutes les personnes à l’intérieur sous forme de mort, elle sort en courant. Wardi monte tout en haut d’une maison pour apporter le café à son oncle, c’est périlleux.

Malaise

Un vieil homme ne veut plus prendre son traitement, le médecin lui renvoie les risques, mais l’homme n’a pas de quoi payer les médicaments. Homme qui dit qu’un enfant qu’il porte dans le bras va mourir, il se dirige avec lui inconscient à l’hôpital. On parle de personnes qui se sont fait tirer dessus, d’une personne morte. Personne qui a une mine peu sympathique et qui demande qu’on lui nettoie ses chaussures, il rit, il demande au jeune garçon d’embrasser sa chaussure pour de l’argent. Le grand-père jeune rentre de guerre sans l’avoir remporté, il va pleurer dans les bras de son père en lui disant qu’il est désolé. Le soldat est capturé, il est ensuite mis dans une cage et transporté par hélicoptère. Wardi se fâche contre sa sœur qui quitte celui qu’elle aime pour aller dans un autre pays. Les parents de Wardi n’ont pas assez d’argent, elle entend qu’ils vont devoir l’enlever de l’école, elle se fâche contre sa petite sœur qui utilise ses livres. L’arrière-grand-père souffre et se tient le cœur. Wardi remarque que l’arrière grand-père ne va pas bien, elle demande de l’aide, mais son oncle dit ne rien pouvoir faire, la petite trouve le vieil homme inconscient sur le lit, elle pleure en lui disant qu’il ne doit pas mourir, il lui renvoie que tout va bien, qu’elle peut pleurer.

Maltraitance

Enfant qui s’amusent à l’extérieur, il y a un homme avec un fusil en haut d’un immeuble, ils les braquent, on entend le coup partir et un des enfants au sol mort avec le sang qui fait une trace au sol (son camarade est tellement touché qu’il reste là sans bouger).

Santé

On voit la tante de Wardi fumer à l’intérieur

Tristesse

Le grand-père enfant ne va pas pouvoir prendre son chien avec lui, on les voit déjà bien maigres. Dans le passé, un père qui donne les clés de sa maison à son fils, car il sait qu’il ne pourra pas y rentrer, et celui-ci devenu très vieux va faire de même et donner la clé à sa petite fille, on comprend qu’il n’a plus l’espoir de retourner dans son pays (une femme dit qu’en perdant l’espoir, il sera mort dans moins d’une semaine).

VOCABULAIRE

Parfois vulgaire (je t’emmerde, saleté de merde, allez vous faire foutre, dégage, gueule pauvre con…). Il y a parfois des mots dans une autre langue, on nous montre des sous-titres (ou pas).

En dehors d’un film qui nous montre l’histoire de guerre et la vie difficile de réfugiés, c’est aussi un film sur la vieillesse et la mort, avec la vie d’un arrière grand-père qui va se terminer. C’est dur et beau. Un film qui se veut réaliste, inspiré de faits réels. Des moments sont durs, des personnes vivent des traumatismes, mieux vaut avoir 10 ans pour regarder ce film (l’âge est bas pour un film comportant des scènes dures, comme le petit garçon tué par balle pendant qu’il s’amusait avec son copain, scène que l’on ne va pas édulcorer), mais c’est aussi parce que cette production contient des thèmes intéressants, l’accompagnement est nécessaire. L’histoire politique du film est complexe, et même des adultes pourront avoir de la peine à saisir la problématique de cette période de l’histoire, elle n’est pas ici vraiment présentée pour être comprise ou analysée, mais surtout pour faire découvrir ce que cela provoque dans les populations.

Ce que disent les autres : ici une présentation du film.

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