Vice-versa est un film d’animation de 2015 en images de synthèse. Il se passe beaucoup de choses en même temps, les allez-retour entre la réalité et les émotions ne seront pas évidentes à saisir pour les plus jeunes. Beaucoup de choses se passent dans la tête, et son imagées. Ellipses, du nourrisson à la fillette de 11 ans. Flash-back et rythme parfois rapide.

MESSAGES

Émotion

Ode à la complexité de l’humain. Un film qui nous montre bien les différentes émotions qui sont en mouvement chez l’humain. Des représentations comme la joie, la tristesse, la peur, le dégout, la colère sont présents en nous. La joie est ce qui est le plus mis en valeur pour l’humain, mais on réalise que les autres sont aussi importantes et nécessaires, il ne faut pas vouloir en abandonner une (on met en évidence cela avec le thème de la tristesse qui fait réagir les gens, permet d’exprimer la souffrance et d’être reconnu, d’attirer l’attention de l’autre, consolider le lien. Pleurer permet aussi de retrouver de l’énergie). Évolution des émotions. Avec l’âge, les émotions deviennent plus complexes et liées les unes aux autres. Déconnexion des émotions. Une jeune fille fait quelque chose de grave, une fugue, on la voit se déconnecter de ses émotions, et c’est en les retrouvant qu’elle réalise ce qu’elle fait, regrette, change son choix. Dépression. Riley va vivre un moment difficile, on la voit perdre Joie et Tristesse en ne réalisant plus comment traiter ses souvenirs. Elle se coupe de ses principales émotions, et risque d’agir par automatisme, ne plus vraiment maîtriser les choses. On nous montre ici les moyens pour s’en sortir.

Famille

La personnalité se crée dans la famille, on nous montre l’importance du lien aux parents. Importance de l’honnêteté, de la confiance en l’enfant. Parents aimants. Exemple de couple aimant qui, ensemble, entoure l’enfant. Imposition familiale. L’enfant n’est pas celui qui peut décider, on voit bien qu’il subit ce que décident les parents (ici un déménagement), mais les parents restent à l’écoute. Travail monopolisant. On voit comme le père n’est parfois pas présent, il a un travail qui lui demande beaucoup d’énergie. Couple. Un couple parental qui se dispute parfois et qui s’aime (même si parfois la mère regrette le beau brésilien qu’elle a abandonné pour être avec son mari).

Fugue

S’enfuir de chez soi en espérant retrouver ce que l’on a perdu. On voit que cela peut être lié à la colère, à la souffrance. Vol. Riley se permet de voler le parent pour prendre le billet.

Voyage initiatique

L’enfant va devenir un adulte. On nous montre les choses nouvelles, comme l’intérêt à l’autre sexe qui commence, mais on nous montre surtout les choses de la petite enfance qui disparaissent (comme l’ami imaginaire, ou l’île des bêtises qui a moins d’effet). Évolution. On emmagasine de nouvelles choses, on ne peut pas tout garder. On nous montre comme on peut oublier des choses, que l’on ne peut pas tout stocker et que d’anciennes choses disparaissent.

Ami imaginaire

On met en scène Bing Bong qui a un jour été l’ami imaginaire de Riley. On nous montre l’importance qu’il a pu avoir un jour, mais que sa destinée est d’être remplacé par de véritables amis et de disparaître de la mémoire.

Déménagement

Pas facile de commencer une nouvelle vie, d’abandonner ce que l’on a vécu ailleurs. Perte. Après la souffrance, il faut accepter la disparition, oser le nouveau. Intégration. Difficile de s’intégrer à un nouvel environnement après un déménagement.

Vice-versa

Vice-versa

Monde intérieur

On nous parle de différents mécanismes internes. Une mémoire centrale, avec les souvenirs les plus importants. Les îles qui forment la personnalité, comme les bêtises, l’amitié, l’honnêteté, la famille. Mémoire à long terme. Le train de la pensée, la garde de l’imaginaire, le sommeil paradoxal. Beaucoup de choses intéressantes, mais en dehors de la mémoire stockée et des émotions, ce n’est finalement pas très exploité. Mémoire. Importance des souvenirs, joyeux ou douloureux. Clivage. Une personnalité mature va emmagasiner des souvenirs pleins de nuances. Les souvenirs sont voués à disparaître dans une décharge où ils sont oubliés pour toujours. Le rêve. On nous montre d’une façon amusante que le rêve se construit en revisitant des moments vécus durant la journée.

Amitié

Importance d’avoir des liens avec les autres. Jalousie. Difficulté de voir sa meilleure amie rencontrer une autre personne, souffrir de réaliser que l’on va être remplacé. Intégration. Intégration à travers le sport où on peut trouver de nouveaux amis.

Intérêt à l’autre sexe

Une petite fille de 11 ans est plus famille que garçon, mais on voit que l’intérêt commence, on voit dans l’épilogue de fin du film que l’île romantique apparaît et que le bouton puberté est prêt à être enclenché. Une mère peut rester dans le fantasme d’un ancien flirt pilote brésilien, mais elle montre qu’elle apprécie mieux son mari.

Ressource

On nous montre comment s’en sortir dans la vie. Positivisme. On nous montre comme on peut surmonter les obstacles avec de la bonne humeur, optimisme. Importance de la tristesse. Souffrir nous permet d’exprimer un malaise, de le partager, d’être soutenu. Exprimer le malaise. Il ne faut pas jouer au super raisonnable, faire croire que tout va bien pour plaire aux parents. Même si ceux-ci peuvent apprécier avoir une enfant qui ne se plaint pas et qui est un rayon de soleil, c’est à eux de soutenir l’enfant, et pas le contraire.

Motivation

On voit le personnage Joie bien dynamique, ne jamais laisser tomber. Persévérance. Pour réussir, il faut oser aller de l’avant, ne pas abandonner.

Accepter l’autre

On fait partie d’un tout, l’autre nous est nécessaire (surtout lorsque l’on parle d’émotions). On doit même accepter la tristesse qui est nécessaire pour se construire.

Peur

On nous montre comment cette émotion fait partie de nous (le long gars mince).

Agressivité

On nous montre comment cette émotion fait partie de nous (le petit gars rouge).

Consumérisme

On voit que ce qui reste le plus accroché dans la mémoire, c’est une publicité pour chewing-gum. On critique l’idée que l’on nous fasse garder cela en mémoire.

Vice-versa

Vice-versa

SCÈNES DIFFICILES

Mises en danger

En tentante de faire en sorte de garder des souvenirs positifs, Joie crée un problème et elle est envoyée avec Tristesse par accident dans la mémoire à long terme, une descente rapide et impressionnante. Devoir passer sur une tige étroite au-dessus du vide, c’est stressant, risque de laisser tomber de précieux souvenirs. Risque de se faire écraser par des morceaux de pierre et de tomber en bas dans le sombre gouffre. Le cauchemar montre à Riley un chien coupé en deux et surtout le clown qui lui faisait peur, et cela la réveille et le train où étaient les héros va s’écraser, ils risquent de finir dans le fond du précipice, mais sont sauvés de justesse.On voit Joie tomber dans un trou béant, elle se retrouve dans la zone où les souvenirs oubliés se détruisent, c’est sombre. Joie est en équilibre en haut d’une échelle humaine qu’elle fait tomber pour tenter de rebondir encore plus haut, c’est périlleux, elle finit par se fracasser contre une vitrine et risquer de tomber être retenu in-extrémiste par la main. Le train déraille et va s’effondre en bas du ravin, les héros sont sauvés in-extrémiste.

Malaise

Riley est déçue de sa nouvelle maison (et en plus il y a une souris morte dans un coin). Les parents allaient commencer à se disputer et c’est Riley qui agit pour leur arrêter le conflit. Souvenirs heureux qui risquent de devenir tristes, Joie tente d’empêcher Tristesse de les toucher. On voit les parents avoir des problèmes, le père avec son entreprise, la mère avec le camion de déménagement qui n’arrivent pas. Rêve avec une maison sombre et une sorte de rat mort qui apparaît. Le personnage de Tristesse se dévalorise, elle se traite de boulet, elle a une attitude dépressive. Les îles de la personnalité de Riley sont toutes en panne. Dispute entre Riley et son père qui l’envoie se coucher en se fâchant. Craindre de ne pas pouvoir sortir d’un endroit étrange où les personnages se transforment et ne parviennent pas à sortir de la pièce (ils deviennent de plus en plus abstraits, jusqu’à finir par être des lignes de couleurs). Riley n’est pas en forme et abandonne son sport préféré après avoir échoué une passe devant les autres enfants. Pathétique tentative de sortir du fond d’un précipice, découragement, croire pouvoir finalement atteindre la sortie avec un système volant, mais ne pas y parvenir et retomber au fond. Différents moments où le spectateur réalise que l’on risque des problèmes (on voit que les personnages vont passer par un endroit où c’est noté danger, des décisions doivent être prises par des émotions qui vont générer des problèmes). On voit la petite fille préparer sa fugue, on la voit voler de l’argent à la mère, partir seule la nuit prendre un bus, ne pas répondre au téléphone, on s’inquiète pour elle. Réaliser que l’on a abandonné quelqu’un d’important, nécessité d’aller à sa recherche, ne pas réussir à le retrouver tout de suite.

Tristesse

Riley parle devant la classe pour dire d’où elle vient, et la tristesse arrive et la fait pleurer. On voit la jeune fille sombrer dans un malaise de plus en plus profond (elle regrette sa vie d’avant, elle souffre de voir son ancienne amie créer des liens avec une nouvelle personne, elle ne peut plus rire aux pitreries de son père), on a l’impression qu’elle perd sa raison de vivre. On voit les précieuses îles de la personnalité se fissurer ou se détruire, s’éteindre, tomber dans le gouffre. Le karting qui a été important pour la petite fille est envoyé aux oubliettes, ainsi que d’autres souvenirs. Pathétique ancien ami imaginaire qui erre dans la mémoire, il est sympathique, va aider le personnage de joie à s’en sortir, mais restera au fond du gouffre et va disparaître à jamais.

Peur

Choses qui font peur dans le sombre subconscient rempli de bruits étranges (les escaliers qui descendent à la cave, ou c’est tout noir, l’aspirateur bruyant et gigantesque qui faisait peur au petit enfant, un clown géant qui ronfle fort et que l’on craint réveiller avec des bruits stridents le la cage en ballon quand on tente de libérer un ami). Le clown est immense, se réveille et va briser la porte.

Stéréotype de taille

On nous propose une Joie type mannequin et une tristesse tout en chair, un peu comme si les femmes avec du poids étaient mal dans leur peau.

VOCABULAIRE

Langage classique, parfois des termes complexes.

De l’émotion surtout pour le parent à qui l’on montre comment disparaît l’époque de la petite enfance. Un film plutôt pour les plus grands, et ce seront presque plutôt les adultes qui pourront le plus profiter des messages, car ceux-ci restent plutôt complexes pour les enfants. Le thème de la fugue, le malaise existentiel, ce n’est pas forcément pour les moins de 8 ans et la disparition d’un gentil risque de générer de grosses larmes (oui, on a bien compris qu’il ne fallait pas refouler la tristesse). Certaines séquences sont vraiment bien amenées et construites. On conseille ce film dès 10 ans et même à cet âge, il ne faut pas espérer que tout soit saisi, ma fille de 15 ans a bien apprécié le revoir et enfin le comprendre.

Ce que disent les autres : Ici, une présentation, ici en mettant en avant les émotions. Filmages suggère ce film aux 10 ans « Ce film d’animation raconte le quotidien et les états d’âmes d’une fillette, en multipliant les allers-retours entre son monde réel et son cerveau. Toutes les émotions ressenties par la jeune Riley sont personnalisées, et c’est là l’originalité du scénario. Le film montre comment ses émotions s’affrontent ou interagissent dans différentes situations, des moments joyeux aux situations perturbantes dues à un déménagement. Cette réflexion sur les mécanismes qui affectent ou renforcent les sentiments humains se veut optimiste et humoristique, ce qui permet d’alléger quelque peu le propos, sans forcément le rendre plus compréhensible pour les plus jeunes« .

Partager cette page :

 

Vous pouvez nous soutenir sur Tipeee !