Sita chante le blues

Sita chante le blues

À partir de 12 ans

Sita chante le blues est un film d’animation de 2009. Différents narrateurs s’entretiennent et font des commentaires sur le Râmâyana (légendes indiennes). Différentes techniques et apparences pour les moments de l’histoire, les personnages auront différents caractères design. Entre silhouette du théâtre d’ombres traditionnel indonésien et les collages papier (pour les commentaires des narrateurs), une animation plutôt actuelle, proche de la technique flash (lorsque Sita chante le blues), des personnages dans le style de peinture râjput (lorsque l’on est dans le conte) et dans un style croquis humour et images réelles (quand on a affaire à la propre vie de la réalisatrice). L’animé propose donc plusieurs transitions entre ces différents moments, avec en plus un entracte et une chanson dans le pur style Bollywood (un peu comme dans les films en Inde).

MESSAGES

Explication de la jalousie

Besoin d’avoir le respect des autres, qui doivent considérer le mari comme celui qui possède la femme qui ne peut pas se trouver à côté d’un autre homme sans susciter le doute sur son attachement (on saisit quelques codes de la jalousie).

Égalité entre les sexes

Avec un conte classique que l’on présente avec respect, mais en faisant ressortir que l’homme met en avant son devoir, ses envies, et que la femme subit. On nous montre la femme qui se fait exploiter sous couvert d’amour inconditionnel. Ici le conte qui peut sembler désuet est en miroir avec l’histoire d’amour de la réalisatrice. Critique de l’exploitation de la femme.

Réflexivité

Analyse de l’histoire, avec des narrateurs qui contextualisent le récit, qui apportent une dimension supplémentaire, qui peuvent faire preuve d’humour pour relativiser, se questionner, mettre en avant certaines choses (contraste intéressant de l’aspect classique des personnages et leurs commentaires très comédie actuelle).

L’histoire de Sita et Rama

Découverte des personnages indiens dans un temps pas vraiment défini. Il y a longtemps (Ravana qui enlève Sita. Hanuman, incantation de Shiva pour aider Rama. Pushpakha Vemanum, engin volant).

Double histoire d’Amour

Avec pour le conte. Adultère. Un couple qui s’aime, la femme se fait enlever, le mari renie sa femme qu’il pense avoir fauté. La reconnaissant comme pure, il l’accepte finalement. Puis la rejette parce qu’il restera toujours un doute et qu’il ne veut pas être considéré comme un faible. Créer une famille. Sita va accoucher exilée, et ses enfants seront élevés dans le culte de leur père. Comme il verra cela, il va prendre ses fils avec lui, Sita aura juste le droit de montrer sa fidélité en se faisant engloutir par la terre. Et l’histoire de la réalisatrice. Divorce. De Londres à Thiruvananthapuram, un couple se retrouve, qui se sépare. On perçoit bien l’homme qui montre les signes d’une distance, la souffrance de la femme qui sent son coeur exploser.

Créativité

Avec l’exemple de ce film qui est né d’une expérience de souffrance de la réalisatrice, qu’elle a su exploiter pour produire quelque chose.

On réalise une certaine moquerie autour de ces histoires, on met en évidence les exagérations.

Sita chante le blues

Sita chante le blues

SCÈNES DIFFICILES

Mises en danger

Enlèvement de Sita, avec menace du roi de la forcer à entrer dans son lit. Étranges différentes images classiques hindoues. Personnages avec de nombreux bras, avec armes blanches. Nombreux démons, grosses dents, grognements (Rakshasas).

Morts

On voit de petits monstres violets se faire tuer, la tête coupée par une flèche, le sang qui gicle. Combat des singes et des démons, on voit gicler des membres, vague de sang.
On voit le Dhobi (le laveur) frapper sa femme qui a osé être avec un autre homme.
Sita enceinte se fait rejeter par son mari qui veut la faire tuer.

Tristesse

Mort de Sita qui jusqu’au bout aura été fidèle à son mari et qui le lui prouve par sa mort.

VOCABULAIRE

Classique. Nombreuses chansons, du blues.

Petit bijou d’animation, avec une histoire traditionnelle indienne plutôt insupportable sur le fond, mais traitée avec humour et compassion, et par une réalisatrice qui a pu montrer l’exploitation, les souffrances de la femme.

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