Paprika est un film d’animation japonaise de 2006. Le film traite du rêve et a un montage qui joue beaucoup avec ce thème, déroutant les spectateurs. Après un début plutôt bien étrange, on nous montre un générique tout aussi déroutant. On va comprendre ce qui se passe petite à petit. On ne sait pas vraiment ce qui va être rêve ou réalité.

MESSAGES

Maladie psychique

On veut entrer ici dans le cerveau humain pour l’aider à se débarrasser de ses problèmes. Une invention doit permettre de traiter les traumatismes anciens, les comprendre. Soin. On nous montre des psychologues et un homme qui suit une thérapie pour le soigner d’une angoisse. Traumatisme. On peut vivre des choses que l’on va refouler et qui plus tard viennent nous perturber. Otaku. On nous montre plus spécifiquement les difficultés des Japonais obnubilés par certains produits (les poupées par exemple).

Quête identitaire

On va ici chercher ce qui nous constitue au plus profond de nous-mêmes. Ce ne sont pas seulement nos actions qui nous définissent, mais aussi ce que l’on ne veut pas montrer (aux autres ou à soi-même). On peut faire un travail sur soi pour se révéler à soi-même.

Rêve

Monde des songes, avec tentative de décrypter ce qui s’y joue. Il exprime ce que la conscience refoule. On nous donne de petites explications sur les différents sommeils, et on va surtout nous montrer des rêves, avec des discours mélangés, des moments étranges et changeants, une temporalité aliénée. C’est un film qui joue avec les codes de la représentation pour nous immerger dans l’ambiance du rêve.

Imagination

Le monde du rêve est rempli d’élément propre à l’imagination, que cela soit du folklore japonais ou du conte (on trouve de la sirène, de la fée, du Pinocchio ou du roi Singe dans l’apparence même de Paprika). Des personnages qui transitent généralement entre notre monde et le monde un peu moins réel. On travaille ici la question de la réalité ou du rêve.

Danger de la science

Créer de nouveaux objets peut être problématique. Ici on nous présente les DC mini, des appareils qui vont permettre d’enregistrer nos rêves, mais avec le danger ensuite de pouvoir aller plus loin en aliénant notre perception, en jouant du rêve et de la réalité. Inventeur. Il existe des personnes géniales qui s’investissent dans leurs recherches et qui peuvent inventer des choses incroyables, mais elles sont totalement centrées sur la chose. Danger lorsque ce que l’on a créé, encore en phase expérimentale, est volé (on craint que cela soit mal utilisé).

Se décentrer

Un film qui doit nous faire réfléchir à ce que nous vivons et à ce quoi nous aspirons.

Intérêt à l’autre sexe

Il y a en arrière-fond le besoin de se lier à l’autre. Les motivations ne sont pas toujours mises en avant, mais à la fin du film on comprend bien que beaucoup de choses tournent autour de l’amour, ou le sexe. Sexualité. On nous montre l’intérêt au sexe plutôt comme déviant, avec un psychopathe qui attache une femme et lui touche le corps, avec des obsédés qui regardent sous des jupes, avec l’amour qui est freiné par l’obésité ou par l’intérêt d’un vieux patron pour un de ses jeunes employé. Sexualisation de personnages. Paprika se colle contre son directeur, elle le fera revenir à lui en le faisant exploser (de plaisir ?). Elle est sexy quand elle joue avec le liquide dans un verre. Déguisée en fée, on verra bien sa petite culotte. Le commissaire Konakawa mate la beauté de Chiba, plus tard dans un de ses rêves il va imaginer l’embrasser, c’est presque vulgaire et clairement un abus (d’ailleurs la femme donne une gifle). Abus. Osanai maintient Paprika sur une table, attachée comme un papillon, il va la toucher, lui pose la main sur le sexe (puis va la déchirer en deux pour enlever cette enveloppe et retrouver celle qu’il désirait, Chiba, elle est nue. Frustration de la femme qui renvoie à l’homme qu’il peut continuer de se masturber. Osanai semble être l’objet sexuel du directeur. Jalousie. Un homme a des vues sur une jolie fille, il n’apprécie pas Tokita, celui qu’elle apprécie. Amour. On nous dit que cela finit par un mariage.

Paprika

Paprika

Enquête policière

Le film nous mène dans différentes pistes, avec faux coupables, rebondissement. Il y a différentes enquêtes, et celle du policier va se révéler être un besoin de traiter ses propres démons.

Travail

On nous montre des personnages soucieux de bien faire leur boulot dans une entreprise. On voit les différents échelons de l’entreprise, avec un président qui a certains discours, mais qui dans la pratique n’est pas aussi clair. Travail monopolisant. Difficile pour un chercheur d’avoir une vie affective.

Traumatisme

On va apprendre différentes choses durant l’animé (il faut demander la permission avant d’aller chez quelqu’un, ne pas avoir peur de la réaction des autres, ne pas focaliser sur l’avis de l’autre, motivation à agir).

Avatar

Paprika est une personnalité jouée par une des protagonistes dans la réalité. Intéressant de voir que le personnage va prendre un moment son autonomie et ne pas vouloir accepter de suivre les ordres.

Apparence

On voit qu’une jolie femme peut attirer les hommes. Paprika sait jouer de cela. Obésité. On nous montre le Dr Tokita, une personne qui s’est construit une carapace, qui est reconnue comme laide. On parle ici de boulimie.

Handicap

Le directeur est en fauteuil roulant. On va comprendre que son état lui est insupportable et qu’il a voulu s’approprier l’invention pour pouvoirs de nouveau fonctionner (il faut dire qu’il est aussi bien vieux).

Temporalité

On nous parle du temps qui passe, il y a des personnes âgées qui se rappellent de leur passé. Il faut aller chercher ses problèmes dans le passé. Une personne âgée peut être frustrée de moins bien fonctionner. Celle qui sauvera le monde est une enfant qui grandit, se nourrit de la personne âge et amène la lumière.

Cinéma

On s’interroge ici sur ce qui est vrai ou pas, l’influence des choses, des thèmes qui sont le cinéma en soi. Le commissaire Konakawa est un cinéaste amateur. Il va nous parler de la création d’un film (dans un style casquette lunette noire d’Akira Kurosawa) et certains moments font référence à des films classiques (The Greatest Show on Earth, Tarzan the Ape Man, Roman Holiday).

Mégalomane

Les dirigeants doivent faire attention à ne pas sombrer dans leur besoin de tout maitriser. Le président qui avait des discours où il tentait de raisonner les scientifiques était en train de se parler à lui-même, on ne peut pas être investi d’un trop grand pouvoir.

Culpabilité

Le policier souffre de n’avoir pas plus été présent pour un de ses amis qui est mort. Et de n’avoir pas terminé le film qu’ils avaient envie de faire ensemble.

Femme performante

Paprika ou son double Chiba sont des femmes fortes et qui vont même sauver le monde à la fin, parce que l’homme est plutôt la face sombre du monde.

Paprika

Paprika

SCÈNES DIFFICILES

Mises en danger

Le directeur du programme commence à dire des choses étranges, sans signification, il exulte et il va couloir et finir par se jeter à travers la fenêtre. Deux travailleurs du laboratoire semblent fous, ils marchent dans les couloirs, on les retrouvera ensanglantés emmenés par des brancards. Attaque d’un arbre géant qui s’attaque à Paprika avec ses racines, il a le visage du président. Paprika se retrouve face au Président, on voit que ses jambes sont remplacées par des racines qui bougent, la demoiselle doit courir, poursuivie par les lianes, se transforme en sphinx qui se fait toucher par une lance, elle risque de se faire manger sous forme de sirène par une baleine à tête de président, elle disparaît quand une nuée bleue lui fonce dessus et elle finira attachée sur une table, comme un papillon, Osanai est devant elle, il se montre pervers, la touche, joue avec une grosse épingle, les yeux un peu fous, il enfonce sa main dans le corps, c’est dégoutant, elle hurle, semble la déchirer en deux pour faire apparaître le corps de Chiba. Le policier voit la scène et tente de l’aider. On voit qu’il voudrait l’embrasser, mais le président qui faisait aussi partie d’Osanai apparait dans le même corps et veut l’étrangler, une de ses racines entre dans sa bouche. Chiba est nue au sol. L’inspecteur tire sur Osanai que l’on voit tomber atteint par une balle dans le dos, le sang gicle. Chiba parle avec son patron, il y a une main ensanglantée en arrière-fond, c’est Osanai qui a vraiment reçu la balle qui avait été tirée dans le rêve. Poupée géante qui veut détruire un bâtiment, Chiba et son parton doivent fuir, elle risque d’être écrasée, tir de missile de Tokita toujours transformé en robot. Gros gouffre dans la ville, avec le directeur qui est devenu géant et sombre qui veut imposer un nouvel ordre.

Malaise

Dès la première scène, on nous plonge dans un rêve, avec une succession de plans qui passent rapidement, des scènes qui semblent ne correspondre à rien et un visage d’homme que l’on retrouve sur beaucoup de personnages, c’est perturbant. Sentiment de non-maitrise. Un homme se fait abattre, le policier tente de rattraper le meurtrier, mais court en ralenti dans un couloir qui se déforme, et finit par tomber dans un vide. A la suite du suicide du directeur, on voit une sorte d’étrange procession de personnages, il est en fait vivant, inconscient, et on lit son rêve. On apprend qu’il peut exister un terroriste du rêve qui perturbe le cerveau des gens, le responsable est Himuro, un assistant qui n’est pas venu travailler, quand ils vont visiter son appartement, il est rempli de poupées, c’est plutôt étrange (c’est un Otaku). Chiba voit un personnage dans la penderie, où il y a un puits qui descend, c’est étrange, en plus la jeune femme voit un reflet de Paprika, elle descend l’échelle et se retrouve dans un couloir dessiné puis un parc d’attractions, musique tendue, elle saute une balustrade pour atteindre une poupée et est sauvée de justesse, car dans la réalité elle allait sauter en bas du balcon. Visite du parc d’attractions en vrais, avec musique tendue, Chiba passe par dessus la balustrade, et risque de se faire écraser par un homme Himuro, qui semble avoir voulu se suicider. On voit des choses sous sa peau qui semblent bouger, la DC Mini, on voit le sang et l’homme aux yeux grand ouvert. Malaise de  Konakawa qui semble avoir un problème dans la voiture. Le rêve de Konakawa du début est réutilisé un peu différemment, toujours aussi bizarre. Tokita va se brancher sur Himuro dans le coma, on le voit entrer dans le rêve et se faire influencer par le véritable méchant, qui n’est pas Himuro. Paprika retrouve Tokita devenu un peu fou, il dit n’importe quoi, elle tente de l’aider. Paprika se retrouve dans un monde étrange, rempli de poupée de Tokita, elle descend dans des égouts, trou sombre, bruit étrange, elle se retrouve dans un environnement très cerveau et ressort par les yeux de Himuro qui a l’air bien mal en point. Des salariés qui sautent dans le vide en riant. Personnes qui se transforment en objets, fille avec tête de téléphone qui se font mater sous les jupes par des hommes téléphone.

Visuel effrayant

Un gros géant a un look allemand avec un accent allemand, il est toujours suant et roux (ce n’est pas le plus sympathique de la série).

Abus

Paprika est attachée, un homme la caresse, met la main sur son sexe (et comme c’est un rêve, il arrive à l’introduire dans son corps, remonte jusqu’au visage, pour en fait enlever la peau de la jeune femme qui va révéler à l’intérieur d’elle une autre femme, nue, qu’il va vouloir s’approprier.

Santé

On voit le policier boire ou fumer.

VOCABULAIRE

Classique. Dans le rêve, le discours peut aller dans tous les sens.

Œuvre profonde avec beaucoup de degrés de lecture (même si le film devrait être ressenti plutôt qu’analysé, un peu comme un rêve finalement). Pas pour les enfants, surtout parce que le film est bien déjanté, mais aussi à cause d’une scène proche d’un viol.

Ce que disent les autres : Ici, un article intéressant sur ce film, par l’ouvreuse. Et ici, un article de Valentin Herscher.

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