La Fiancée de Frankenstein

La Fiancée de Frankenstein

À partir de 10 ans

La Fiancée de Frankenstein est un film en noir blanc de 1935. Les scènes sont pensées comme des tableaux, avec une lumière qui met bien en valeur les décors, effet gothique à souhait. On va résumer le premier film au début. Effet spéciaux (on nous monte de petits personnages, pour l’époque c’est plutôt bien réussi).

MESSAGES

Ouverture sur l’autre

Appel à la tolérance. Accepter ceux qui sont différents, décalés. Seul l’aveugle va pouvoir accepter la créature, et communiquer avec lui. Il n’est pas effrayé par son apparence et lui offrira à manger.

Bêtise collective

Les humains peuvent faire n’importe quoi lorsqu’ils sont en groupe. Faire justice soi-même. Face à une grande menace, la vindicte populaire veut lyncher, mais on lui renvoie que la justice existe pour tous. Bêtises des hommes. On voit une vieille femme qui prend plaisir à voir le monstre attrapé, elle veut le ligoter. C’est un peu malsain l’intérêt que l’on peut porter à le voir pris.

Solitude

Importance du lien à l’autre, c’est trop difficile pour une personne de se retrouver seul. Importance d’avoir un ami, un compagnon.

Meurtre

Si les victimes sont bien sur les personnes tuées dans le film, la première des victimes est le meurtrier, Frankenstein, pour qui on se surprend à ressentir de l’empathie. Un manichéisme bien différent du premier film, on a plus de difficulté à saisir le bien-fondé des actions des uns et des autres.

Couple

La créature a besoin d’un ami, mais encore plus d’une femme.

Danger de la science

Il y a des expérimentations qu’il ne faut pas tenter, Frankenstein devient garant d’une certaine éthique, face à un Dr Pretorius prêt à tout. Avancées dangereuses que l’on ne peut pas maîtriser. Il existe différentes directions scientifiques pour tenter d’obtenir le même résultat.

Travail

Danger de la passion du travail qui peut nous éloigner de notre famille et nous faire prendre des risques. Si on avait imaginé le savant réaliser qu’il mettait tout le monde en danger avec ses expérienses (lui y compris), on le voit finalement recommencer ses expériences, motivés par le travail d’une autre personne qui lui propose de combiner leurs connaissances.

Stéréotype de genre

On renvoie bien au début du film comme c’est étrange qu’une femme écrive ce type de livre. La femme est soumise à son mari, on nous montre comme elle doit quitter la chambre la nuit de noces, jusque parce qu’une personne veut parler en privé avec son mari qu’elle était en train de soigner. Différentes scènes nous renvoient la femme à son statut inférieur (Elizabeth soigne son mari durant sa nuit de noces, un visiteur louche veut parler à son mari seul à seul, celui-ci n’hésite pas une seconde et envoie son épouse à l’extérieur de la chambre).

Processus d’écriture

Au début du film, on nous montre Mary Shelley, la femme qui a écrit le livre. Lord Byron a une discussion sur le livre qu’elle a écrit, elle raconte la suite. Ce n’est pas vraiment élaboré, et plutôt une critique de la femme.

Religion

On parle de l’oeuvre du diable en parlant de la créature. L’aveugle dit avoir prié longtemps pour que Dieu lui envoie un ami. Mystère de la vie. On nous renvoie bien que c’est Dieu qui est le seul à oser pouvoir donner la vie, les autres font des choses dangereuses.

Sexualisation de la femme

Décolleté très plongeant au début de film. La fiancée de Frankenstein est nettement plus belle que le monstre.

Pression

Ceux qui utilisent des moyens pour forcer les autres à faire ce qu’ils ne veulent pas (surtout en kidnappant leur épouse) sont punis.

Suicide

Face à la souffrance, au rejet, à la solitude, la créature préfère se suicider, en faisant exploser la tour dans laquelle il était (tuant en même temps le professeur qui avait tenté de créer la femme qui l’a repoussé).

Homosexualité

Certaines personnes peuvent analyser l’oeuvre en y voyant ce que le réalisateur, ouvertement homosexuel, y aurait caché. Une créature plus puissante et virile que le savant rejette au profit de son épouse. Le Dr Pretorius faisait assez archétype de l’homosexuel (à l’époque). Des allusions dans le texte (mais cela reste subtil, ils ne plaisantaient pas avec la censure à l’époque).

Apparence

On peut ressentir la beauté cachée derrière la laideur et de la beauté peut sortir l’horreur. Ne pas apprécier sa laideur, rechercher de belles femmes.

Rester à sa place

On critique l’homme qui veut devenir Dieu, qui veut façonner du vivant. Proche du mythe de Prométhée, qui sera puni pour avoir voulu changer la condition de l’homme, en lui offrant une nouvelle énergie, le film sauve de justesse le savant qui a osé fauter. L’homme doit mettre son énergie dans le couple et la famille, ne pas vouloir la folie des grandeurs.

Handicap

La créature peut avoir des réactions de personnes handicapées mentales. On nous montre qu’il faudrait mieux pouvoir fonctionner dans le respect avec eux. Rien ne sert de se montrer violent avec une personne qui ne comprend pas les choses, ou avec qui on doit communiquer d’une façon différente.

Peur

Un film d’épouvante d’époque, pour entraîner l’enfant dans ce monde.

La Fiancée de Frankenstein

La Fiancée de Frankenstein

SCÈNES DIFFICILES

Mises en danger

On retrouve la foule en colère de la fin du premier film, le moulin finit de bruler. Au sous-sol du moulin, la créature est toujours vivante, il noie le père de la petite fille morte dans le premier film, en le maintenant sous l’eau et tué (sa femme qui l’attendait croit aider à ressortir son mari, c’est la main de la créature qu’elle tire, elle sera ensuite jetée dans les ruines, rebondissant dans les décombres. Foule en colère qui poursuit le monstre, ils lâchent les chiens, la créature se cache, mais elle est découverte et submergée par les hommes qui finissent par l’attacher. On lui jette des pierres, il est lancé dans une charrette, maintenu avec une fourche. Une fille manque à l’appel, on la retrouve à terre certainement porte, puis dans une maison des personnes découvrent un homme très blessé, dans la chambre on apprend que sa femme est morte. Des gitans craignent le monstre, ils en parlent, il apparaît soudain pour voler la nourriture, combat un homme qu’il éjecte facilement. La créature entre dans la chambre de la femme de Frankenstein et la kidnappe (elle devient un otage pour que le savant accepte de travailler pour Prétorius). La femme est emmenée dans une sombre grotte, il y a même une chauve-souris. Les deux savants travaillent ensemble dans une tour, ils tentent de faire battre un coeur, mais il meurt, Frankenstein veut un coeur sain, celui d’une femme morte récemment. L’homme qu’ils envoient à la morgue va en fait tuer une femme pour l’obtenir, les savants font semblant d’être pas au courant. En pleine expérience, la créature apparait en haut de la tour, elle n’apprécie pas le feu et le sbire des savants qui lui demande de redescendre, il va le jeter en bas de la tour.

Visuel effrayant

La créature est impressionnante, on peut être inquiété par son facies étrange. On voit la créature blessée lorsqu’elle arrive chez l’aveugle.

Malaise

On a l’impression qu’au début du film, Henry, le savant du premier film, est mort, on le pose sur une civière recouverte d’un drap, les gens le pleurent. Personne ne craint la paysanne qui dit avoir vu la créature vivante. Elizabeth Frankenstein dit voir des spectres, elle imagine voir des choses, semble devenir folle. Arrivée d’un étrange personnage qui veut absolument voir le docteur Frankenstein (c’est le Dr Pretorius). Musique un peu stressante. On ne sait pas ce que va être la découverte du Dr Pretorius, on peut imaginer que c’est un cercueil d’enfant. La créature est proche d’une belle bergère qui va tomber dans l’eau, il va la secourir, mais elle va crier, on craint qu’il ne la tue ou l’étouffe, mais deux chasseurs arrivent et il se fait tirer dessus. La créature parvient à se détacher, un policier tente de lui tirer dessus, mais elle arrache la porte, blesse un policer, et sort, tout le monde le craint et fuit. La créature a juste faim, il souhaite manger, mais on a peur de son apparence. Pathétique son que la créature émet quand elle a faim et qu’elle souffre. Deux chasseurs arrivent dans la maison de l’aveugle, voient le monstre et veulent lui tirer dessus, le feu se déclenche dans la maison, il ne retrouve pas son ami, la créature doit fuir, il rencontre des enfants qui s’échappent en le voyant, il se retrouve seul et détruit tout, y compris une statue d’un saint. La créature s’est cachée dans un tombeau, pendant ce temps, les hommes sont à sa recherche, la créature découvre un cadavre, il souhaite un ami. On voit deux hommes ouvrir un cercueil d’une jeune fille de 19 ans « Belle petite chose en son genre » dira un des hommes. Le docteur reste dans le mausolée, un tas d’os à côté de lui, il dit qu’il va en faire une compagne pour le monstre. Dans le laboratoire, de nuit, les savants travaillent à rendre la femme vivante, musique un peu stressante, effets de lumières, d’électricité. La créature féminine crie quand elle voit le monstre, il réalise qu’elle le déteste comme les autres.

Maltraitance

La créature est attachée, ligotée comme un christ, on lui jette des pierres, il fait pathétique.

Étrangeté

On ne retrouve pas les mêmes acteurs que dans le premier film, Elizabeth Frankenstein, le bourgmestre ou le père de la petite qui a été tuée dans le premier film ne sont plus les mêmes.

Santé

On voit des adultes boire, trinquer. Le vin est apprécié par la créature, qui dit que c’est bon. L’aveugle le fait fumer et lui montre comme c’est bon. Prétorius calme le monstre en lui faisant boire de l’alcool avec un somnifère.

VOCABULAIRE

Il n’y a pas de parole. Nécessité de pouvoir lire les textes intercalaires.

Les débuts des films d’épouvante, horreur. Ce sera surtout dans ce deuxième film que la créature va nous dévoiler son humanité et que le rejet sera difficile à vivre pour elle. Le scénario est nettement plus élaboré que le premier film, avec une ambiance gothique. Une suite de souffrance pour un monstre qui n’essuie que le rejet des hommes et finit par se suicider. Forcément pas à montrer aux plus jeunes, mais il est une bonne approche d’un cinéma plus adulte et tendu.

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