Dilili à Paris est un film d’animation de 2018. Certains arrières-plans sont créés à partir de photographies. L’animation est fluide (Ocelot qui est un adepte de l’image en papier découpé s’essaie ici à l’animation dans des personnages en image de synthèse qui tente de reproduire un aspect classique). Un retour en arrière. L’histoire semble se clore rapidement, heureusement un petit épilogue nous donne des informations sur ce qui se passe après le sauvetage.

MESSAGES

Femmes performantes

On critique ceux qui ne veulent pas que les femmes aient des droits. Force du faible. Une petite fille ne se laisse pas influencer, se montre persévérance et fait face à ceux qui lui parlent mal. En luttant contre les méchants, elle va montrer l’exemple.

Maltraitance

On critique ici le mal que l’on peut faire aux femmes, et surtout aux petites filles. On a le choix entre différentes sociétés, et c’est mieux de ne pas choisir les Mâles-Maîtres.

Égalité des sexes

On critique ceux qui veulent rendre inférieur les femmes. Oser se confronter à ceux qui veulent soumettre les femmes (les Mâles-Maîtres). On nous montre des femmes (Marie Curie, Louise Michel, Sarah Bernhardt, Emma Calvé) qui à l’époque ont pu montrer qu’elles avaient des capacités et qui ont pu les mettre en évidence, les lois n’ont plus pu empêcher les femmes d’accéder à certains postes.

Historique

Vieille France. Célébration d’une civilisation occidentale, on nous montre comment fonctionnaient les Français à la Belle Époque, cela nous a construit. Beauté de l’art nouveau. Une petite fille d’Afrique s’intéresse aux coutumes des Français. Paris. On découvre les rues de Paris, différents monuments, beaucoup d’endroits. Du zoo humain de l’exposition universelle à Montparnasse en passant par le Moulin-Rouge, la tour Eiffel ou l’Opéra Garnier, on nous montre beaucoup d’endroits typiques. L’idée est de montrer la réalité, à travers de nombreux décors que le réalisateur a voulu mettre en avant en photographie (une publicité pour la réalité). Chansons. On entend d’anciennes chansons d’époque.

Tolérance

Vivre ensemble. Ouverture sur l’autre. Ce que l’on nous montre, c’est l’importance de l’intégration (la petite Africaine, dans son français parfait, en est un exemple). Racisme. Difficulté de ne pas être comme tout le monde, une petite fille métisse (elle est franco-kanake) n’apprécie pas être traitée de blanche en Afrique ou de Noire en Europe. On nous montre des attitudes peu sympathiques (un homme qui traite Dilili de Guenon endimanchée, un journaliste qui croit que Dilili ne parle pas bien le français). On critique le racisme, mais pas vraiment le racisme colonial, on peut avoir l’impression qu’il faut devenir plus blanc que blanc dans cet animé. Amitié. Une petite fille noire rencontre un garçon blanc. Comprendre l’autre, ses coutumes (mais ce sont surtout les coutumes d’ici qu’il faudra intégrer).

Danger

Le monde peut être dangereux, on parle de l’enlèvement de fillette. Vol. On critique ceux qui veulent s’approprier le bien d’autrui, les Mâles-Maîtres font des cambriolages. Victime. Intéressante partie où on comprend que les victimes peuvent se sentir souillées, que certaines vont rester dans leur statut de femmes soumises.

Dilili à Paris

Dilili à Paris

Personnages célèbres

Un monde où ce sont les célébrités qui semblent intéressantes. On va nous parler ou nous présenter différentes personnes qui ont fait la grandeur de la France. Louise Michel. Scientifiques. Marie Curie. Louis Pasteur. Peintre. Des artistes du bateau-lavoir (Picasso, Douanier Rousseau). Van Gogh, Henri de Toulouse-Lautrec, Degas. Les impressionnistes (Renoir, Monet). Cantatrice. Emma Calvé. Sarah Bernhardt. Compositeur. Debussy. Satie. Sculpteur. Auguste Rodin. Camille Claudel. Écrivain. Marcel Proust. Colette. Ingénieur. Alberto Santos-Dumont. Ferdinand Von Zeppelin. Alberto Santos-Dumont. Gustav Eiffel. Clown. Chocolat. Couturier. Paul Poiret.

Aider les autres

On voit beaucoup de personnages qui vont aider Dilili (qui elle-même tente d’aider des filles kidnappées). Rédemption. On doit prendre conscience du mal que l’on a pu faire et réagir pour aider les autres. Un des personnages va changer son comportement (quand on est simple, on peut avoir l’excuse d’avoir fauté). Protection. Importance de ne pas se sentir seule, les adultes doivent protéger les enfants.

Religion

Critique des sociétés secrètes (ou religions) qui façonnent le monde en maintenant des inégalités, en dénigrant les femmes. En recouvrant les femmes de tissus noirs, on ne peut s’empêcher de penser à la burqa et surtout des kidnapping de Boko Haram. Influence. On nous montre comme une personne comme le chauffeur de voiture peut être influencé par des paroles qui tentent de nous revaloriser pour nous amener dans une certaine direction, il faut savoir se questionner sur ce qui est bien et mal.

Pauvreté

On nous montre des personnes pauvres dans un quartier (on voit qu’ils ont besoin d’argent). La pauvreté peut créer une forme d’agressivité. Différence de classe. Ici, on nous montre clairement qu’il existe des élites, mais Dilili a la chance d’en faire partie, ayant été recueillie par une femme riche. Il n’y a pas spécialement une critique de cela, au contraire, la notoriété et la richesse permettent de venir en aide aux fillettes.

Enquête

Une petite fille va vouloir résoudre une enquête. Persévérance. Continuer ses recherches, même en étant confronté à des difficultés.

Apparence

Les personnes méchantes ou voleuses sont moches.

Affectivité

Importance des câlins.

Éducation

Lorsque l’on a de bon professeurs, on peut bien s’exprimer. Vocabulaire. Il y a une sensibilité aux mots, à la diction, avec un Ocelot qui voulait mettre cela en avant.

Dilili à Paris

Dilili à Paris

SCÈNES DIFFICILES

Mises en danger

Un homme louche tente d’amadouer Dilili et lui demande de le suivre, il lui propose d’aller vers un kiosque (derrière le journal un autre homme louche). Les enfants vont au moulin du diable, c’est plutôt inquiétant, ils entrent dans la propriété, Dilili qui s’éloigne est pourchassée par un gros chien rouge avec grosse bave, l’animal a mordu Orel. Le garçon lui a donné juste un coup de pied et l’animal tombe mort, en fait il avait la rage. Descente vertigineuse, ils vont vite et passent par un escalier, le frein du triporteur ne fonctionne plus, ils foncent contre une porte en la cassant. Les Mâles-Maîtres motivent un chauffeur de leur remettre la petite, il n’y a plus de nouvelles de Dilili, on s’inquiète pour elle. La petite est maltraitée, elle doit ramper et apprendre à se soumettre, elle décide de se rebeller et s’enfuit, mais est coincée par une grille, elle craint être perdue.

Malaise

Personne louche qui regarde Dilili, il ricane quand il entend parler de l’enlèvement de fillette, on craint pour elle. Un homme qui demande de l’argent, il boite, il ne vaut pas laisser passer le triporteur, il est plutôt inquiétant. Quand les gens entendent qu’Orel aurait la rage, ils ne l’aident pas, et seul Dilidi va l’amener à l’institut Pasteur. Les jeunes découvrent un des malfaiteurs, Dilili va écouter ce qu’ils racontent. Les enfants voient partir l’homme qui allait voler des bijoux, ils tentent de le rattraper, mais n’y parviennent pas. Un vieil homme tombe, il demande une main secourable, mais elle a des doutes, car il a un anneau au nez, il se relève et s’enfuit quand Orel arrive. Agressivité d’un cocher qui fait partie des voleurs, il traite Dilidi de petite sotte, et quand elle arrive à faire capturer deux voleurs, elle se fait réprimander par la police. Lebeuf est emmené dans un endroit secret, il fait sombre, il y a des hommes avec épée, il y trouve des personnes habillées en noir, on ne sait pas ce qu’ils font. Les femmes sont dénigrées, appelées « quatre-patte », elles ne peuvent que restées prostrées sous une couverture, elles servent à ce que l’on se pose dessus. Orel tente de retrouver la trace de Dilili, il ne sait pas quelle direction prendre, puis tombe sur une grille qui l’empêche d’avancer, il fait sombre, c’est dans les égouts, une musique un peu stressante. On voit des femmes devoir ramper sous leurs couvertures. La petite est couverte d’excréments en ayant plongé dans les égouts. Devoir se dépêcher pour faire évader les petites fillettes, cela se fait de nuit, on craint qu’ils soient découverts, des hommes finissent par arriver, ils ont des sabres, il y en a un qui s’accroche à la jambe d’Orel.

Dénigrement de la loi

La police est montrée comme incapable et rageuse, on ne peut pas avoir confiance en elle. Le préfet de police fait partie des méchants, on ne peut pas compter sur eux.

Nudité

Dans le village de Dilili dans une reproduction de l’Afrique, au début du film, on nous montre une femme aux seins nus.

VOCABULAIRE

Classique. Des personnes avec de bons vocabulaires (le ton est parfois un peu surjoué), surtout la petite fille. Parfois paroles qui peuvent être agressive (tu la fermes).

Le réalisateur est clair, il ne fait pas un film pour les enfants (mais il pense que les enfants peuvent le voir). À travers la quête d’une petite fille, on fréquente des personnages importants et on va critiquer ceux qui veulent que les femmes soient considérées comme inférieures. On nous montre aussi que le monde peut être dangereux et qu’il ne faut pas suivre n’importe quelle personne. Un film plutôt simple dans son intrigue, on pourrait le penser uniquement pour les petits, mais certaines parties pourront être compliquées à saisir, car les personnes rencontrées ont peu de chances d’être connues par des enfants de cet âge et ne sont pas assez présentes pour être vraiment identifiées (et les thèmes peuvent paraître durs, même si c’est important de pouvoir avoir accès à ce type de mises en garde ou réflexion plutôt jeunes). On a un peu l’impression d’un conte, il ne faut pas chercher le réalisme, même si cela nous parle du réel, mais on peut parfois se méprendre sur les intentions du réalisateur. Tout n’est pas toujours bien amené, des thèmes méritent franchement d’être repris (la question du colonialisme, les Africains qui sont observés comme dans un Zoo, l’homme sans éducation qui devient gentil, …).

Ce que disent les autres : Filmage suggère ce film pour 8 ans « D’un point de vue physiologique le film est doux, vivant et coloré, mais la violence y est incarnée par le kidnapping de jeunes filles et par la domination masculine. S’agissant d’une enquête, relevons quelques scènes avec du suspens et des tensions mais toujours adoucies par la poésie qui émane des images. Beaucoup de dialogues, un langage soutenu et un rythme relativement lent. À travers son périple, Dilili va rencontrer une multitude d’artistes, de scientifiques et d’autres personnages extraordinaires tels que Auguste Rodin, Jean Monnet ou encore Marie Curie. Ce panel culturel permet aux plus jeunes de s’initier à l’histoire et l’histoire de l’art, mais demande aussi quelques connaissances pour être pleinement apprécié. Le graphisme et la poésie du film rendent bien la richesse architecturale et soulignent le raffinement de l’époque. Dilili est un personnage féminin fort qui véhicule un message positif, d’égalité entre hommes et femmes et de solidarité féminine. Il permet également de s’interroger sur la différence et la manière de s’adresser à une personne différente. « . Le site Critikat est ici plutôt critique, comme Le genre et l’écran (ici) qui montre que l’on peut percevoir ce film avec différentes sensibilités, chez Historiagames, c’est ici plutôt positif. Ici, le réalisateur parle de son film sur Arte.

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