Aïlo: Une odyssée en Laponie

Aïlo: Une odyssée en Laponie

À partir de 6 ans

Aïlo: Une odyssée en Laponie est un film avec des animaux de 2018. Belles images d’une nature sauvage (de la Finlande jusqu’aux fjords norvégiens). Si on suit principalement Ailo, un petit renne, on nous montre d’autres habitants de cette forêt dans de petites séquences parallèles. On nous explique bien le temps qui passe, en disant le nombre de jours. Le montage permet de nous proposer une histoire romancée, mais en restant dans ce que la nature peut nous proposer.

MESSAGES

Famille

On nous montre la mère d’Aïlo, qui se sent responsable de son petit, qui le nourrit. Puis le groupe dans lequel il va faire ses apprentissages, le lien avec d’autres faons. Naissance. Si on ne voit pas le bébé sortir, on le voit bien juste au moment de sa naissance, encore tout recouvert du liquide amniotique. Ce n’est pas évident pour la mère de savoir comment être une mère, c’est parfois une question de choix entre être certaine de survivre ou s’occuper de sa progéniture. Autonomie. Un bébé renne doit apprendre vite les choses pour survivre, il n’a pas vraiment le choix (se dresser, marcher, courir, nager…). Couple. On nous montre la saison des amours, avec des rituels (tournoi, sorte de duels où les vainqueurs à grands bois peuvent remporter une quinzaine de femelles). On nous montre aussi ce qui se passe avec les gloutons ou le renard polaire.

Nature

Beaux paysage enneigé en Laponie, puis les Fiords quand l’hiver laisse la place à l’été. On nous montre des paysages naturels, sans humains (ou alors juste avec quelques images de leur passage). On a aussi le droit aux aurores boréales.

Animaux

L’histoire d’un renne sauvage, mais il va rencontrer d’autres animaux (écureuil, hermine, lemming, loup, putois, ours, renard polaire, lièvre, moustique, le glouton…). Prédateur. On nous parle de la prédation (l’hermine qui veut s’en prendre aux œufs ou la souris, le renard qui veut attraper le lemming ou l’écureuil ou l’hermine). Et surtout, on nous montre les loups, mais en montrant aussi qu’ils font partie d’une famille. Renne. On nous montre bien l’évolution de cet animal sur une année. De petit bébé qui vient de naitre au moment où la mère va avoir un autre enfant et où il va commencer à s’entrainer à être un homme. On voit bien l’évolution de son apparence.

Danger

Le monde peut contenir des dangers, il faut faire face. Peur. On nous parle de la vraie peur, avec une certaine tension, surtout quand il y a les loups.

Persévérance

Parvenir à se débrouiller dans la vie. Le petit animal doit avancer dans la neige avec ses petites pattes, il doit traverser une rivière tumultueuse. Il faut se surpasser ou attendre que le froid l’emporte. Aïlo n’est pas de ceux qui abandonnent, pour survivre il faut lutter et montrer ses capacités.

Saisons

On commence par l’hiver, puis la douceur du printemps avec les neiges qui fondent et la verdure qui apparaît. L’été passe vite puis l’automne nous montre ses couleurs flamboyantes. Quand l’hiver revient, les animaux ont chacun un moyen de survivre. Dans cette région, le soleil a disparu, il ne reviendra pas avant longtemps et tout se déroule dans une sorte de crépuscule.

Écologie

On n’a pas voulu proposer un film à vocation écologique, on ne sermonne pas, mais les problèmes sont bien là, présents et explicités. On nous parle de cette terre qui se dérègle, avec la problématique des mères qui ne savent plus vraiment si elles accouchent trop top ou trop tard. Les humains qui créent des routes pour couper des forêts, ce qui perturbe les chemins empruntés par les rennes, qu’ils ont appris à reconnaître de génération en génération (il y a le risque que ces chemins disparaissent). Critique des animaux qui ne sont pas en liberté, qui sont coupés de la nature enfermée derrière des barrières, qui risquent d’être attaqués par un prédateur plus facilement que les sauvages.

Mignon

Quand on voit des bébés, on peut trouver cela mignon (surtout quand c’est un renard polaire).

Anthropomorphisme

Si les animaux sont montrés dans leur environnement, on leur renvoie beaucoup d’émotion ou capacités humaines (persévérance, courage, prince des rennes, on nous parle de la relation en humanisant l’approche du glouton…). On joue beaucoup avec les différents dangers qui pourraient apparaître, pour créer des rythmes dans le récit.

AILO : UNE ODYSSEE EN LAPONIE © Borsalino Productions – Gaumont – MRP Matila Rohr Productions

AILO : UNE ODYSSEE EN LAPONIE © Borsalino Productions – Gaumont – MRP Matila Rohr Productions

SCÈNES DIFFICILES

Mises en danger

On nous montre les risques qu’un petit peut vivre si sa mère n’est pas avec lui, musique tendue quand on voit un rapace qui semble aller dans sa direction. On nous renvoie que tant que la mère et son enfant n’ont pas rejoint le troupeau, ils sont trop vulnérables. On nous dit qu’une forêt regorge de prédateurs impitoyables. Un rapace qui attrape un lemming dans ses serres, on craint pour l’hermine qui peut aussi être son goûter, on la voit se cacher. Petit renne de loin, mort, on nous apprend que la moitié des petits succombent avant leur premier anniversaire, des corbeaux sont proches de sa carcasse. On nous parle des différents dangers (le froid, les torrents, les avalanches) et on nous montre les prédateurs, en gros plan une tête de louve, elle observe le troupeau, mais elle ne veut pas l’attaquer aujourd’hui, on nous dit qu’elle reviendra accompagnée. Nuit, avec de la musique un peu stress, on ne voit pas bien, on nous parle d’une créature qui se goinfre d’arbre par millier d’hectares, on voit des lumières, des bruits tendus (et on comprendra que c’est une machine des humains qui coupe les forêts). On nous montre que la louve n’est plus seule, qu’elle est avec sa meute (bon c’est pour l’instant deux petits loups). Mais le temps passe et la musique est bien plus tendue lorsque l’on nous remontre ces animaux dans leur technique d’attaque (repérer la proie, se concerter, se séparer, isoler et la tuer). On voit les trois loups courser le petit renne, on craint pour sa vie, cela dure longtemps, il va passer par un ruisseau pour échapper à ses poursuivants, sauf que cela ne fonctionne pas, il se retrouve face à un des loups, heureusement la louve le rappelle, c’est un autre renne qui a été tué, on voit brièvement les prédateurs manger sa carcasse. Le troupeau est dispersé dans la forêt, Aïlo se retrouve seul et le glouton l’a repéré, sans un bruit le chasseur part sur les traces de sa proie, on craint qu’il l’attaque, il se positionne en embuscade et veut lui tomber dessus. On craint une deuxième attaque où on nous dit que rien ne pourra nous arrêter. Une rivière gelée qu’il faut traverser, on voit la glace qui craquelle. Le troupeau avance, et les loups les suivent (mais à cause de la neige trop profonde, ils doivent abandonner).

Malaise

On voit le petit se retrouver seul, sa mère est partie juste à sa naissance, on craint qu’elle l’abandonne, elle a le choix de survivre en restant avec son troupeau, ou de rester avec son enfant avec le risque de mourir. On peut craindre que le petit renne ne puisse pas passer le ruisseau, il aurait pu s’effondrer. La louve qui semble gronder ses petits en montrant ses dents. On nous parle d’un grand renne qui pour se débarrasser des moustiques s’est enfoncé jusqu’au cou, oreille et même plus dans l’eau, et on ne l’a plus jamais revu (on voit ensuite le petit renne qui ne semble pas apprécier se faire tourner autour par ces insectes, qui va dans la rivière pour s’en débarrasser). Aïlo est perdu, il retrouve des rennes, mais ce ne sont pas son troupeau, ils sont domestiqués, enfermés derrière des barrières, le glouton les considère comme un buffet à volonté, il va les attaquer, entre dans l’enclos, mais un chien veille et le fait fuir (mais pas pour toujours nous dit-on). On parle de deux rennes adultes qui n’ont pas pu se décrocher et qui sont morts sous la glace, les corbeaux croassent et attirent les loups qui veulent s’attaquer à ces carcasses, ils doivent atteindre la chair sous la glace, ce qui est trop compliqué, alors ils vont s’intéresser à la chair fraiche (on craint pour les rennes). Température à moins 40 degrés, avec un blizzard, on nous explique que ce n’est pas facile pour ces animaux.

VOCABULAIRE

Les images sont accompagnées des paroles d’un narrateur, faciles d’accès, d’un ton agréable, mais il peut souvent exprimer les soucis que pourraient vivre ces animaux. Une musique symphonique bien présente. Le chanteur Aldebert est le narrateur et la  première chanson de générique est chantée par lui.

Une mère qui se retrouve seule après avoir accouché et qui va rejoindre son troupeau. Une histoire qui nous montre bien la difficulté de la vie dans le monde animal, mais cela se joue plus avec la narration que le visuel (on a bien l’impression qu’il faut faire comprendre que ce petit renne est entouré de dangers). Beaucoup d’images sont sans problème visibles pour les plus jeunes, et plutôt montrées comme rigolotes, avec un narrateur avec un langage orienté enfant. Il y aura quand même de petits moments tendus où faut être présent pour les plus jeunes. Ce seront certainement les loups qui causeront les plus grandes tensions. Même si finalement on ne verra pas d’images agressives où que les dangers pour le petit héros vont pouvoir être surmontés, l’histoire est très orientée menace (surtout à cause des dialogues).

Ce que disent les autres : Filmage suggère un âge de six ans en Suisse. « La vie sauvage en Laponie est montrée de manière réaliste. Le danger et les lois de la nature sont mises en évidence sans images choquantes ou tristes. Le rythme est lent et le scénario répétitif pourrait ennuyer les plus petits. Ce documentaire nous fait comprendre la vie ancestrale de la nature. Avec des images qui mettent en valeur les paysages de Laponie et sa faune, ce film instructif s’adresse à tous les publics. ».

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