Quels films pour nos enfants ?Quels films pour nos enfants ?

 

ACCUEIL

 

LES FILMS

 

THEORIES

 

LES LIENS

La tortue rouge

LA TORTUE ROUGE

Sans dégâts dès : 6 ans - Âge conseillé : 8 ans

 

DUREE
80 minutes
MONTAGE

Film d'animation de 2016. Belles images avec impression de peinture, rythme lent, quelques effets en images de synthèse (radeau et tortue) qui se marient bien avec le reste. Effet de rêve. Un flash-back. Beaucoup moments d'ellipses.

MESSAGE

Cycle de la vie. On nous montre une vie d'homme, qui rencontre une femme, fait un enfant et meurt. Un voyage initiatique. Temporalité. On voit l'évolution du temps, avec un enfant qui grandit petit à petit.

Mort. On voit vieillir le héros, jusqu'à sa mort de vieillesse. L'humain s'éteint, laissant son enveloppe mortelle, on n'a pas besoin d'y ajouter des effets, on meurt comme cela. On nous montre la mort véritable, des morts naturelles qui n'ont pas besoin de chichi, la dure mais véritable réalité. Tout le long du film, la mort est présente. On nous montre un bébé tortue qui n'a pas survécu et qui git au bord de l'eau. Otarie morte, l'homme qui l'approche pour lui prendre sa peau semble vomir quand il voit les vicères. Mouette qui mange un crabe.

Origine. Un enfant qui provient de deux lignées, le père et la mère expliquent la leur. On peut fonctionner en acceptant sa généalogie. On voit que l'enfant peut suivre plus une lignée que l'autre.

Relation au père. On voit le petit qui vit la même expérience que son père en tombant dans une crevasse, il va se débrouiller seul. L'enfant sera celui qui va sauver son père après le raz de marée, il est maintenant à son niveau.

Autonomie. À un moment, l'enfant est capable de se débrouiller tout seul, il ne faut pas toujours être derrière lui. On le voit bien maitriser son environnement, être au clair avec sa filiation (marche avec ses parents et nage avec les tortues). Séparation. Un jeune homme quitte ses parents, ce n'est pas facile pour la mère, mais elle le laisse partir.

Poétique. Un film sans paroles a forcément une atmosphère particulière, en plus les images ont une certaine douceur, le rythme suit le mouvement naturel des choses et l'histoire est une métaphore de l'existence. Contemplation. Le rythme lent permet de goûter aux paysages.

Rêve. Moments où on n'est pas certain que le héros rêve (mais vu les choses qui se réalisent, cela devient vite plus évident). Les rêves ont des significations profondes, on peut les interpréter. Hallucination. Moment où le héros croit voire un orchestre sur la plage.

Solitude. Difficulté de rester seul. Importance d'avoir des liens et surtout une famille.

Couple. Dans un symbolique intéressant, après avoir vu la femme abandonner sa carapace (elle se met à nu, se rend disponible), il abandonne son bateau (fini l'idée d'aller voir ailleurs, de partir). Un homme se met avec une femme. Créer une famille. Un enfant apparaît, et on le voit grandir.

Séduction. On voit comme les personnages se tournent autour. Se regarder. Elle court, il la suit. Avoir besoin que l'autre donne un signe. On voit les corps s'enlacer. Pudeur. Permettre de faire en sorte que l'autre ne se retrouve pas mal à l'aise par sa nudité. On va comprendre que les personnages auront une relation charnelle, mais rien ne sera montré.

Nature. On sent bien la nature, avec la pluie, le soleil, l'eau. On nous montre une île vierge de construction humaine. Plage, forêt, montagne. On découvre un raz de marée, ou une tempête, la nature n'est pas maitrisable, les éléments peuvent se déchaîner. Force et mystère de la nature.

Animaux. Différents animaux. Voir des petites tortues qui rejoignent la mer. Des crabes, des grenouilles, oiseaux.

Impulsivité. On voit l'homme frapper la tortue, la renverser dans un accès de colère. Puis on le voit regretter.

Réparation. Après avoir fait quelque chose de pas vraiment sympathique, on peut le regretter et vouloir réparer (ici l'homme qui a été violent avec la tortue tente de l'aider).

Persévérance. Ne pas laisser tomber après un problème l'homme reconstruit un bateau trois fois). Trouver le moyen de s'en sortir lorsque l'on tombe dans une crevasse qui ne semble pas avoir d'issue, montrer du courage. On voit la famille surmonter l'adversité, et pouvoir continuer à fonctionner sur leur ile malgré le tsunami.

Dépression. Moment de découragement où l'homme n'en peut plus, il crie, se laisse aller, on l'imagine proche de la mort. Il faut trouver en soi la motivation de continuer, de fonctionner, même si tout semble difficile.

Jeu extérieur. L'enfant s'amuse avec des choses simples, s'émerveille d'une bouteille. Il a la plage et la mer pour s'amuser.

SCENES DIFFICILES

Mises en danger. Vagues impressionnantes au début du film, un homme est seul dans l'eau, on peut craindre qu'il se noie. Tente d'avancer en direction d'une falaise, il tombe dans une crevasse, il va y être coincé, il ne trouve pas la sortie, on le croit perdu. Coup contre le bateau, on ne sait pas ce que c'est, le bateau se détruit, on ne sait pas ce qui s'est passé. Le bateau est de nouveau détruit après une deuxième tentative. Les mouettes font beaucoup de bruit, il se passe quelque chose, mais on ne sait pas quoi, le niveau d'eau descend, puis au loin un énorme vague, ils ont juste le temps de s'enfuir qu'un raz de marée envahit l'île, tout semble se détruire, la forêt de bambou est emportée, les humains aussi. On craint pour la vie des parents, leur garçon les cherche, il ne les trouve pas, puis retrouve sa mère, blessée à la jambe, on voit un peu de sang, le père reste introuvable. Ce seront les tortues qui le mettront sur la piste, loin en mer, il est affaibli, il se tient à une branche, quand il entend son fils il l'appelle et l'effort le fait sombrer, on le voit se noyer, on craint qu'il meure.

Malaise. L'homme ne sait pas où il est, il est inquiet des choses dans la forêt (même si ce n'est que la pluie ou un oiseau). Il réalise qu'il a échoué seul sur une île. L'homme est affaibli, il est au sol, immobile, on pourrait le croire mort, des fourmis, un mille-pattes lui passent dessus sans qu'il réagisse. Oser avancer sous l'eau, par un petit orifice dans la roche qui laisse juste la place de passer. Étrange tortue qui regarde l'homme d'un regard noir au fond de l'eau. Beurk, un gros mille-pattes passe sur le pied de l'homme. Agressivité de l'homme qui est fâché contre la tortue, il va lui frapper sur la tête, il va la mettre sur son dos. On voit l'animal ne plus pouvoir bouger, être inconscient sous le soleil, des mouches tournent autour d'elle, elle semble morte. On voit sa culbatilité. On craint que le petit garçon glisse de la falaise, et en effet il finit par tomber dans la même crevasse qu'autrefois son père. Tout est détruit après le raz de marée, avec cadavre d'animaux, bambous brisés, l'ile est dévastée.

Étrangeté. Une série de rêves qui se mélangent au début avec la réalité (le réalisateur aime semer le trouble). Le passage où la tortue aura sa carapace brisée, puis avec la transformation, c'est étrange, en plus elle disparaît ensuite, puis on ne saisit pas ce qu'elle va faire avec sa carapace.

VOCABULAIRE
Aucune parole (un peu de cris).

Commentaires. Un film d'animation pour toute la famille, parents y compris, tout le monde peut y trouver son compte pour autant que le spectateur ne soit pas accro au rythme effréné, parce que ce n'est pas le cas ici. Quelques moments plutôt tendus, on n’a pas besoin de gros effets spéciaux pour nous faire ressentir des choses, mais cela reste impressionnant pour un petit, à la base ce film n'est pas spécialement pensé pour les enfants. La mort est présente, un bon film pour discuter de ce que l'on a pu voir et ressentir.

Thèmes. Sans paroles. Cycle de la vie. Mort. Temporalité. Couple. Créer une famille. Jeu extérieur. Nature. Animaux. Poétique. Autonomie. Relation au père. Réparation. Rêve. Origine. Séduction. Dépression. Voyage initiatique. Contemplation.