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Into the Woods, promenons-nous dans les bois film pour enfant

INTO THE WOODS - PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS

Sans dégâts dès : 12 ans - Âge conseillé : 13 ans

 

DUREE
124 minutes
MONTAGE

Film de 2014. Il va falloir suivre en parallèle différents contes (Cendrillon, Jack et le Haricot magique, le petit chaperon rouge, Raiponce. Il peut y avoir des flash-back. Le montage est complexe.

MESSAGE

Sexualité. Une des thématiques de contes les moins mises en avant chez Disney retrouve ici toute sa vigueur. Les bois sont une métaphore d'une expérimentation sexuelle chez les personnages principaux . Découverte de la sexualité. Malgré les recommandations, le petit chaperon rouge va sortir du chemin, trainer dans le bois, parler avec le loup, vivre une expérience nouvelle en osant explorer des choses (en étant captivée, le danger a ses attraits). Cendrillon n'est pas certaine de se donner au prince, elle doute, se questionne sur ce qu'elle ressent, elle va fuir plusieurs fois, puis laisser exprès une de ses pantoufles pour que celui-ci puisse la trouver (en faisant un effort parce que cela ne doit pas être du tout cuit). Plaisir. La femme du boulanger est contente de voir que dans les bois son mari devient un homme. Celle-ci, devenue maman, va tromper son mari avec un beau pince qui passait par là, on nous montre qu'on ne peut pas toujours maîtriser ses pulsions, (on la voit apprécier, se sentir envahir par l’ivresse puis se sentir coupable, se questionner. Et comme elle meurt quelques instants plus tard, on peut peut-être se dire qu'elle n'avait pas qu'à fauter). Raiponce va pousser des cris quand un prince ne s'y prend pas vraiment bien avec sa chevelure, ça peut parfois faire mal. Critique du séducteur. Ici, les princes sont montrés comme charmants, mais pas vraiment fiables (et surtout stupides).

Couple. L'homme doit laisser la place à la femme, on doit être deux pour créer la famille. La question du choix de l'amoureux. L'attrait de l'autre qui passe par son inaccessibilité, la jouvencelle qui fuit perd de son intérêt lorsque le mariage est consommé. Refaire sa vie. En cas de coup dur, il ne faut pas se laisser aller et pouvoir refaire sa vie (et continuer de s’occuper des enfants) (l’homme réalise comme il pouvait dépendre de la femme, surtout pour l’éducation des enfants).

Parentalité. Créer une famille. Importance d'avoir une descendance. Difficulté de se projeter comme père lorsque l'on a vécu une vie familiale sans papa. Difficulté de laisser sa fille partir découvrir les hommes, préférer la garder en sécurité dans sa tour, la vouloir rien qu'à soi. Amour maternel. Même si on a pu être critique envers son enfant, on fera tout pour le sauver, la mère de Jack est prête à se mettre en danger pour sauver son fils.

Éducation. Le parent a la responsabilité d’avertir son enfant sur les dangers de l’existence, mais l’enfant ne va pas forcément vouloir entendre les recommandations. Raconter une histoire est un bon moyen de transmettre un message.

Quête initiatique. Un couple va devoir traverser différentes épreuves pour s'en sortir. Ils vont apprendre à travailler ensemble, se répartir les tâches. Réaliser quelles bornes il ne faut pas dépasser pour obtenir ce que l'on veut. Surpasser les souffrances. On peut vivre des épreuves, et si on les surmonte, on peut se reconstruire.

Déconstruction. Dans la deuxième partie, tout se remet en cause, et le happy end ne ressemble plus à ce que l'on nous montre habituellement dans un conte de fées (la sorcière peut avoir raison et être plus réaliste que les autres, peu de personnes s’intéressent vraiment à son histoire) (quand on va regarder ce qui se passe après le bonheur, la princesse peut se séparer du prince, on peut succomber à l'attrait d'un autre homme) (les héros n'ont pas tous les droits, on voit les véritables conséquences des différentes morts), on doit ainsi reconstruire nos repères.

Vision systémique. Critique de l'idée qu'il peut y avoir une personne responsable dans un malheur, un patient désigné. Cette vision est trop simple, on voit bien que c'est de multiples interactions qui gérèrent les évènements (critique d'une linéarité qui expliquerait les choses).

Entraide. On voit des personnages qui peuvent penser aux autres (la femme du boulanger qui laisse le petit chaperon rouge voler son pain, le boulanger qui aide la princesse en pleure, accueillir des enfants qui n'ont plus personne, ...). Si dans un premier temps les héros oeuvrent surtout pour leur plaisir, lorsqu'il y a une catastrophe, il y en a certains qui montrent de l'attention aux autres. Ne pas se sentir seul. Personne ne doit se sentir seul. On doit rester ensemble pour s'en sortir.

Critique de la consommation. On réalise que les personnages ont volé, mentit, voulut des choses, et que tout cela a causé des problèmes. Il ne faut pas être centré que sur soi-même.

Vieillesse. La sorcière est dans cette thématique, avec la difficulté d'assumer son apparence de vieille devant sa jolie fille. On peut imaginer la femme qui se flétrit et qui a besoin de son enfant pour se sentir jeune.

Appât du gain. La pauvreté peut expliquer le besoin d'obtenir de l'argent par n'importe quel moyen. Vol. Si dans un premier temps, arnaquer l'autre ou voler n'est pas vraiment critiqué, mais plutôt lié au besoin que peuvent avoir les pauvres de se débrouiller dans la vie, on renverra bien à Jack sa responsabilité lorsque la géante va vouloir tout détruire. Le vol fait partie des choses à ne pas faire si l'on veut s'éviter les problèmes.

Combattre. Il faut se défendre lorsque l’on est attaqué. On ne se questionne pas vraiment sur les motivations de la géante à venir se venger, on n’accepte pas de remettre le membre du groupe qui a tué son mari, on contre-attaque et on la tue.

Raconter une histoire. C'est en racontant que l'on peut surmonter les choses. Contes. On nous montre comme ils peuvent transmettre des messages.

SCENES DIFFICILES

Mises en danger. Caméra subjective dans la forêt juste avant l'apparition du loup, on croit vraiment qu'il peut arriver quelque chose au petit Chaperon rouge. Dans la maison de la grand-mère, on entend crier la petite. Le monde tremble lorsque le géant va s'écraser sur le royaume, puis quand sa femme vient tout détruire (le bébé pleure, arbres cassés, personnages connus perdus ou paniqués qui craignent de mourir et qui sont prêts à remettre un des leurs pour calmer la colère de la géante), le monde magique a disparu, tout est cassé, il n'y a plus de chemin. La branche de l’arbre sur laquelle se trouve Jack se fait attraper par la géante, on a peur pour sa vie. Mort. Beaucoup de personnages vont mourir, mais toujours sans voir les scènes. La plus dure est certainement le décès de la femme du boulanger (qui venait d'avoir un bébé), on ne saisit pas tout de suite ce qui lui est arrivé, une chute de falaise est suggérée, mais on apprend sa mort par un personnage du film. On voit comme on peut souffrir de l'absence d'un parent (Cendrillon pleure sur la tombe de sa mère, Jack va vouloir tuer celui qui a tué sa mère en la faisant tomber sans faire exprès).

Peur. L'environnement est souvent sombre, on craint cette forêt, il peut y avoir de la musique tendue. La sorcière apparaît quelquefois de manière brusque, sans que l'on s'y attende, son visuel est effrayant surtout quand elle est une vieille femme à doigts crochus.

Maltraitance. Cendrillon reçoit une baffe, ses soeurs la rabaisse et se moquent d'elle. Jack est souvent rabaissé par sa mère, elle le dénigre en le traitant d'idiot, lui dire les oreilles n'est jamais content de ce qu'il fait. Raiponce est seule déprimée, yeux cernés, bannie au milieu des marais, par sa mère sorcière, c'est infestés de serpents, elle voit arriver son prince aveugle, le visage ayant été griffé par les ronces. Jack espérait pouvoir racheter sa vache, le boulanger ne peut pas la lui revendre, il est triste, puis la vache meurt quand on ne s’y attend pas.

Violence. On a gardé les passages gores des contes, heureusement sans les montrer à l'image (les soeurs de Cendrillon se font couper des morceaux de pied pour enfiler la pantoufle, elles auront finalement aussi les yeux dévorés par les oiseaux. Le prince de Raiponce se retrouve aveugle après être tombé dans les ronces (on verra ensuite juste les plaies sur le visage). La sorcière vole un bébé et s'en fait sa fille. On voit le boulanger avec le couteau qu'il va planter dans le ventre du loup, on voit que ça le dégoûte. On tue la géante en l’envoyant dans un marais qui l’engloutit.).

VOCABULAIRE
Comédie musicale, on chante tout le temps.

Commentaires. Un Disney qui aborde des thèmes adultes, avec l'entrée dans la sexualité, les rapports de couple ou la parentalité, mais à travers des chansons en anglais et un jeu entre différents contes qui pourront égarer plusieurs spectateurs (mieux vaut les connaître avant). On utilise ici beaucoup de contes, ceux-ci ont tous leurs interprétations, finalement ils ont surtout de multiples messages qui parleront à ceux qui ont besoin d'être touchés (il y en a tellement que l'on ne peut pas tous les citer ici). Pour ceux qui n'apprécient pas les comédies musicales, mieux vaut éviter, les chansons se succèdent vraiment et c'est en anglais. On peut adorer comme on peut détester.

Thèmes. Conte. Quête initiatique. Famille. Couple. Grossesse. Responsabilité. Sexualité. Coopération. Vieillesse. Deuil. Consommation. Séduction. Créer une famille. Comédie musicale. Poétique. Princesse. Géant.