Des films pour les enfants, série adaptées à leurs âges

 
 

 

 

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Métropolis de Fritz Lang

METROPOLIS

Sans dégâts dès : 10 ans - Âge conseillé : 14 ans

DUREE
153 minutes
MONTAGE

Film de 1927. Un film muet, noir blanc où les cadrages, les éclairages, les décors sont pensés comme des tableaux qui accentuent le sens du récit. Il y a un petit court-métrage sur la tour de Babel dans le film. Le film est constitué de trois actes, le commencement, l'interlude et furioso, mais on ne voit pas spécialement de sens à cela. Il va y avoir plusieurs choses en même temps.

MESSAGE

Importance des enfants. On ne peut pas mener des guerres, il faut penser au mal que cela peut faire à nos enfants. Critique des parents qui n'ont pas conscience des conséquences de ce qu'ils font, leur travail de parent c'est d'être attentif au bien-être de leur enfant avant le leur. Travail monopolisant. Il faudrait pouvoir s'entendre dans la famille, on critique un père qui risque de perdre l'affection de son fils pour asseoir son pouvoir.

Critique du système. Il faut comprendre dans quelle société nous vivons, il peut y avoir des inégalités, des choses qui ne sont pas montrées à la population, nous devons avoir conscience des choses et nous rebeller si cela est nécessaire. L'homme peut être exploité par la politique, le travail, l'économique, le social, il finit écrasé, il faut prendre soin de soi-même, de nos enfants, de notre coeur.

Exploitation du prolétariat. Déshumanisation de l'ouvrier qui souffre pour produire quand il existe des classes supérieures qui jouissent d'une vie oisive. Les ouvriers ne sont que des bras articulés ou de la nourriture pour les machines. Nouvelle version du mythe de l'histoire de la tour de Babel (autour de l'incompréhension entre les hommes, on ne parle pas la même langue, les bâtisseurs qui vont se rebeller contre ceux qui ont pensé la ville et qui veulent l'habiter).

Importance du travail. Il y a des personnes qui doivent oeuvrer pour faire fonctionner la ville. Travail à la chaîne. Marcher au pas, usine. Aliénation, l'humain ne se distingue plus au travail, ils sont tous les mêmes. Souffrance de devoir travailler 10 heures de suite.

Revalorisation de la pureté. On joint des représentations plutôt religieuses autour de Maria. On la voit prêchant, entourée de croix, avec des bougies, les ouvriers se prosternent quasiment devant elle. La femme est pure et bien habillée de robe. Critique de la luxure. La femme va danser à moitié nue devant l'homme. Critique du vice. On nous montre que les hommes peuvent succomber au désir de la femme. Critique du jeu d'argent.

Image de la femme. Certaines femmes ne sont que les objets que l'on propose aux hommes, au début du film on voit les hommes du haut qui peuvent choisir celles qui leur plaisent. Elles sont disponibles, prêtes à l'amour. Quand la femme ose exprimer son côté charnel, ce n'est qu'une dévergondée, celle qui a le droit de vivre c'est la belle qui est pure.

Amour. On nous fait croire au coup de foudre, avec un homme qui voit une femme et qui devient prêt à tout pour elle, y compris changer son mode de vie. Beauté naturelle. Ce n'est pas le maquillage et les habits qui font la jolie fille. Baiser d'amour à la fin du film.

Temporiser les choses. Nécessité d'avoir un médiateur pour gérer les conflits. Pour permettre aux personnes de se rapprocher, il faut une personne qui saisisse les deux parties. Quand le cerveau et la main veulent s'unir, c'est le coeur qui fait la médiation. Étrange de poser une résolution d'un conflit entre ouvrier et patron avec le coeur, la réponse au problème est plus sociale qui morale. Il y a une sorte d'acceptation de sa condition d'exploité finalement dans ce film. Critique des foules en colère. Les mouvements populaires peuvent être violents, accuser n'importe qui.

Religion. On nous montre beaucoup de référence à la religion dans Maria. La religion nous prédit une apocalypse. On a l'impression qu'il y a des apôtres. On entend parler de la révélation de Saint-Jean, des 7 péchés capitaux, Babylone, des croix.

Danger de la science. On voit comme il peut y avoir le risque d'une mauvaise utilisation de la science qui peut partir servir le mal. Danger de la technologie. Risque de l'esclavagisme de l'homme par la machine. Un thème bien actuel dans notre monde pollué d'outils électroniques, informatiques et cellulaires, on ne peut déjà plus fonctionner s'ils disparaissaient. Intelligence artificielle.

La mort. Même un homme riche ne peut rien contre la mort, on le voit souffrant devant la représentation de sa femme. Les enfants sont ceux qui peuvent nous rappeler ceux qui sont disparus. Deuil. Ceux qui ne dépassent pas le besoin de revoir l'autre peuvent devenir fous, on voit ici un savant qui invente un robot qui peut reprendre la forme de l'être aimé.

Accepter l'autre. Il ne faut pas créer des castes, il faut se mélanger, nous sommes tous frères.

Aider l'autre. Le fils du dirigeant est prêt à aider son prochain, il propose son appartement à un employé renvoyé, il remplace une personne qui peine à son travail. Freder demande à Josaphat d'être son compagnon fidèle, celui sur qui il peut compter. À plusieurs on est plus fort.

Géo politique. Un film qui nait dans une époque qu'il faudrait mieux connaître pour faire ressortir les aspirations (inspiration biblique, déesse mère primitive Hel, déesse de la Mort de la légende nordique de l'Edda, romantisme allemand, symbolisme, conte d'Hoffmann ou d'Achim Von Armim. Tout cela est teinté de national-socialisme.

SCENES DIFFICILES

Mises en danger. On sent le danger, un homme tente d'arrêter une surchauffe, mais sans y arriver, une explosion génère beaucoup de fumée, des hommes sont éjectés, on les voit souffrir, on verra qu'il y a beaucoup de blessés. On nous dit que Maria va être dupliquée, on craint qu'elle soit kidnappée, elle est seule sous terre éclairée avec une simple bougie, elle doit remarquer qu'il y a quelqu'un qui la suit, car elle semble inquiète. Puis le savant lui vole sa bougie, elle n'a plus de lumière, dans les catacombes, on voit des squelettes, musique stressante, l'homme qui apparait devant elle, le visage en premier plan fait peur, elle s'enfuit, fonce contre les murs, long moment où on voit bien son angoisse dans ce moment. Maria est emprisonnée, son geôlier vient la chercher, elle est acculée contre la paroi et une table qu'il pousse contre elle, elle hurle. Une machine est détruite par les ouvriers, elle régulait tout, on voit de la fumée, de l'eau qui bouillonne, des ascenseurs vont s'effondrer dans des explosions. L'eau s'engouffre dans la basse ville, beaucoup de plans où on voit que les enfants sont livrés à eux même et qu'ils ont peur de l'eau qui tombe en trombe. Les enfants tentent de se réunir là où se trouve Maria, sur un monticule, on voit leurs mains suppliantes, la peur sur leur visage, mais elle ne peut qu'appeler à l'aide. On voit les immeubles s'affaisser. Il vont être guidé vers une sortie, mais il y a des barreaux, ils tentent de frapper dessus, en vain, l'escalier se remplis d'enfant, ils sont serrés, Freder et son ami vont à leur secours, ils risquent de tomber de haut. Le peuple accuse Maria d'être responsable de la mort de leurs enfants, elle qui venait de les sauver est poursuivie injustement. La jeune femme est traitée de sorcière, le peuple veut la bruler, elle parvient à s'en sortir, parce qu'ils croisent son double maléfique et qu'ils s'en emparent, c'est la Maria robotisée qui est attachée sur le bucher, on y met le feu, scène plutôt délirante où la jeune femme rit démente pendant qu'elle est mise à mort, Freder croit que c'est son amoureuse. Le savant veut s'emparer de la vraie Maria, il lui court après dans l'église pendant que le double de la demoiselle brule, poursuite dans les hauts de la cathédrale, risque de tomber. Joh Fredersen craint perdre son fils, les ouvriers le voient, ils semblent vouloir le tuer. Le savant prend Maria sur son dos et l'emmène sur le haut du toit, puis la lâche, elle se retient de justesse, combat entre Freder et le savant, ils glissent, on voit que le méchant tombe au sol, le père est toujours désespéré, on se demande si Freder est vivant.

Maltraitance. On voit comme un patron peut générer de la souffrance à un employé, il se fait renvoyer, on voit qu'il veut se suicider (prend une arme se la pose contre la tempe). Le patron veut faire en sorte que les ouvriers montrent des signes de violences pour pouvoir aussi se montrer violents avec eux. La Maria diabolique parvient à liguer les hommes les uns contre les autres, on voit des duels, une personne qui laisse une lettre et prend son pistolet (certainement pour se suicider), ils se frappent pour elle, s'étranglent, on voit un coup de pistolet à bout portant.

Malaises. Dans les films muets, les expressions sont poussées à l'extrême, on voit des personnages grimacer de souffrance. Étrange vision dans la fumée, une bouche diabolique qui avale des esclaves torses nus. Le père charge un homme patibulaire de suivre son fils pour avoir accès à tout ce qu'il fait. Cet homme va intercepter l'ouvrier avant qu'il rentre chez Freder, il veut le faire parler, il se rend chez le jeune homme où il va tenter de soudoyer Josaphat pour qu'il ne suive pas Freder, on le voit menaçant, agressif, lui tient fort le bras, et lui fait peur en lui disant qu'il est employé par Joh Fredersen. Freder tente d'aider Maria, mais il n'arrive pas jusqu'à elle, il ne parvient pas à ouvrir des portes, il frappe en vain dessus. Freder qui allait aider le peuple tente de les prévenir que la femme qui motive à la guerre n'est pas Maria, mais on ne le croit pas, il se fait agresser, frapper, un couteau est sorti et celui qui reçoit le coup et agonise dans les bras du jeune homme est l'homme qu'il avait voulu sortir de sa condition au début du film. Pendant que les parents fêtent leur victoire sur la machine, leurs enfants risquent de mourir noyés. Le père est dévasté d'apprendre que son fils est avec les employés sous terre, et qu'il risque sa vie.

Étrangeté. L'apparence du film n'est pas commune, il faut s'adapter à l'idée du muet. Un début plutôt étrange. Maria est nue sous une sorte de scanner qui va transférer son énergie au robot, on la voit s'affaisser à la fin, on peut l'imaginer morte. Freder voit Maria avec son père, une succession de flash et d'images étranges nous renvoie sa stupeur, il en tombe dans les pommes (séquence plutôt surprenante). La tête de l'androïde sous les traits de Maria est étrange, elle joue avec ses yeux comme si elle ne les maîtrisait pas encore. Un moment où Maria danse est plutôt étrange, avec une succession d'oeil, sa danse presque bestiale. Il y a toute une séquence du film qui est uniquement présentée par du texte, ce n'est pas évident de saisir ce qui se passe vraiment entre le savant et le dirigeant de la ville. Des statues étranges qui vont se mouvoir, il y a la mort avec sa faux.

Sexualisation de la femme. Maria l'androïde devant une assemblée d'hommes qui en deviennent lubrique, on les voit avec des faces de pervers (il faut dire qu'elle danse quasiment nue devant eux, elle a juste de petites protections sur sa poitrine).

Cigarette. On voit une personne fumer avec plaisir

VOCABULAIRE
Film muet. Il faut savoir lire les cartes qui parfois apparaissent pour donner des informations sur ce qui est dit. Musique symphonique.

Commentaires. Un film pensé pour les adultes, des scènes étranges et l'expression de la femme tentatrice à moitié nue dansant comme une folle surprendra tout le monde. Ce ne sera pas évident pour un enfant de rentrer dans ce monde étrange, mais le rythme est lent et on peut faire des poses. Toujours intéressant de faire découvrir une si vieille production, un classique de la science-fiction, mais ce n'est pas le plus simple des films, mieux vaut qu'ils aient déjà un peu l'expérience des productions anciennes.

Thèmes. Sans paroles. Science-fiction. Robot. Protection parentale. Travail monopolisant. Lutte des classes. Différence de classe. Travail. Jeu d'argent. Cupidité. Danger de la science. Sexualisation de la femme. Mort. Deuil. Politique. Amour.