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LE VENT SE LEVE

Sans dégâts dès : 10 ans - Âge conseillé : 12 ans

 

DUREE
126 minutes
MONTAGE

Film d'animation de 2013, réalisé par Hayao Miyazaki. Nombreuses ellipses, des années passent, on ne peut le saisir qu’à travers l’histoire. Nombreux effets de rêve qui se confondent avec la réalité. Flash-back.

MESSAGE

Motivation, avoir un rêve et se donner les moyens de le réaliser. Le héros va être emporté dans une direction qu'il ne maîtrise pas (l'effort de guerre), sa belle création est une arme de mort (l'avion de guerre "Zero").

Importance du travail. On nous montre un homme qui fait le maximum pour son métier. On le voit motivé par une passion dès l’enfance, on le voit apprendre assidûment, se montrer performant, être reconnu par sa direction, son entreprise, son équipe. Jiro peut être fier de ce qu’il a réalisé. Le choix du métier dépend des potentiels que l’on a au départ. Persévérance. On nous montre des Japonais qui ne rechignent pas devant l’effort, qui peuvent reconstruire un Tokyo qui a presque été entièrement dévasté par les flammes. Foyer. Paradoxalement, pour pouvoir se donner à fond dans son travail, il faut un foyer. Travail monopolisant. On peut aussi percevoir que sa passion, ou l’emprise du devoir, ne lui a permis d’être avec son amoureuse qu’un court moment et qu’il délaisse sa famille d’origine.

Amour. Rencontre d’amour qui va s’étaler sur plusieurs années, avant le mariage. On est ensemble par le fruit du destin, on se doit un grand respect, on fait beaucoup pour l’autre. Profiter comme on peut des moments où on peut être ensemble. Le jeune homme fait sa demande au père pour pouvoir fréquenter Naoko. On en reste longtemps au stade des bisous, ce ne sera que mariés que l’on saisit tout en finesse qu’ils peuvent s’autoriser les relations sexuelles.

Femme faible et soumise. On nous propose un modèle de femme qui peut sacrifier beaucoup pour son amour. Ce qui a généré le couple c’est à chaque fois une position de demande d’aide où l’homme peut faire son sauveur. La beauté est aussi mise en avant. La soeur de Jiro va sortir de ce schéma et montrer une image de femme plus forte, qui pourra faire médecine, se rapprocher de la liberté qu’ont les hommes.

Les choses sont vivantes. On s’approche d’une vision animisme. On nous montre un tremblement de terre qui semble se mouvoir, être une force en soi. Des nuages d’incendie semblent vivants. Les avions ont aussi des bruits qui nous les rendent animés d’une vie propre, on peut les sentir mourir, le carburant ressemble plus à du sang qu’à autre chose. Un ruisseau peut être porteur des souhaits d’une demoiselle. On nous montre comme ce sont les éléments, ici le vent, qui rassemble les deux jeunes gens.

Problématique de la guerre. On nous montre comme des personnes motivées par leur passion vont servir à l’effort de guerre, tout en n’appréciant pas mettre des mitraillettes ou des bombes à leurs avions. Un des personnages montrés plutôt sympathique, Caproni, a été accusé (dans la vraie vie) de complicité avec le régime fasciste, notre héros, Jiro Horikoshi a été le concepteur d’un chasseur bombardier qui fit des ravages. La guerre appauvrit la population. On nous dit bien que le prix à payer pour obtenir de beaux avions, payer la technologie et les matières premières pourrait nourrir des familles qui ont faim.

Téléologie. Ici peu de critique des actes posés. Les personnages auront conscience que voler est un rêve maudit qui peut causer carnage et destruction. Les engins de mort seront quand même conçus avec soin. Où se prennent les responsabilités ? Même le spectateur est pris dans la satisfaction du travail bien fait.

Bonté. Un jeune homme qui montre de la gentillesse, qui peut rendre service sans rien demander en retour (un gars bien, qui va marier une demoiselle malgré sa maladie). Sens de la justice, ne pas laisser faire ce qui est mal.

Amitié. Avoir un ami important sur qui on peut compter. Se créer des relations au travail, avoir un lien fort avec son patron. Les hommes restent entre hommes, les femmes entre femmes.

Maladie. Importance de soutenir l’autre qui est malade, ne pas avoir peur d’être contaminé.

La mort. Faire face à la mort d’un proche, ne pas sombrer, continuer de vivre (au pire boire un peu d’alcool).

Complexe d’infériorité du Japon. On nous montre comment les ingénieurs japonais tentent de servir au mieux leur pays, en ayant conscience qu’ils ont des années de retard sur d’autres pays. Besoin d’aller voir ailleurs comment ils font, et copier cela.

Histoire, 1930. C’est à travers la vie d’une personne, d’un couple, que l’on découvre cette période. Contexte complexe qui n’est pas du tout expliqué, lien entre l’Allemagne et le Japon dans l’avant-guerre, importance de l’aviation dans la future guerre à venir, on va citer Hitler, mais mieux vaut avoir une base si l’on souhaite reposer ce film dans l’histoire.

Secret industriel. Difficulté d’élaborer des choses nouvelles, tentative de recevoir de l’information d’autres pays.

Le vent se lève, il faut tenter de vivre. Il y a un certain défaitisme, une conscience de la difficulté de la vie, même si on peut voir une motivation à s’en sortir. Un film pour ceux qui ne sont plus des enfants.

SCENES DIFFICILES

Mises en danger. Rêve du début, où l’enfant tombe dans le vide. Tremblement de terre, bruit étrange, presque démoniaque la secousse semble prendre vie, mouvement de foule et chacun pour soi, on découvre une demoiselle avec une fracture, que personne n’aide. Des avions-prototype peuvent se disloquer en vol. On peut craindre la mort de certains pilotes qui essaient les avions (on les voit souvent sauvés grâce à leur parachute, mais on ne voit pas réapparaître celui qui est tombé dans l’eau). Jiro risque de tomber d’un morceau de balcon qui se rompt, il se rattrape de justesse, un peu plus tard Naoko risque aussi de se rompre le cou en tombant du troisième étage.

Mort. Naoko va mourir de sa maladie, seule. Si on nous ne les montre pas, on comprendra aussi que durant la guerre aucun pilote ne sera revenu du combat.

Fumée. Une époque où on ne parlait pas de prévention, les héros fument tout le temps (même à côté de sa femme qui se meurt de la tuberculose).

Misère sociale. Jeunes enfants qui attendent la nuit leurs parents, qui ont visiblement faim, mais qui refusent la nourriture donnée par le héros. Personnes qui tentent de trouver du travail, qui n’ont pas de toit et dorment à la belle étoile. Crise économique avec banques qui font faillite et le peuple qui craint pour son argent.

Malaises. Différents moments d’inquiétude autour de la maladie de Naoko, on va la voir cracher du sang. Triste moment où elle va se soigner seule en montagne, encore plus triste moment où elle décide de repartir en montagne quand elle est dans un trop mauvais état et qu’elle ne veut pas être un fardeau pour les gens (et surtout son mari). Les ingénieurs mettent de l’énergie dans leurs beaux avions, qui souvent ne se détruisent en vol. Allemand aux pupilles étranges, semble sympathique, mais on a de la peine à le situer.

Tristesse. Importance de continuer le travail, même si on pleure parce que sa femme se meurt. Naoko fait semblant d’aller bien, semblant de sourire, jusqu’à la fin, jusqu’au moment où elle décide d’aller se cacher pour mourir, pour ne laisser à son mari que de bons souvenirs. Le mari, pris par son travail, ne peut offrir que de rares moments de présence à sa femme.

Complexité liée aux références. Si l’on ne comprend pas le contexte politique, on peut ne pas comprendre certaines scènes où des personnes se poursuivent, où le héros doit se cacher d’hommes du gouvernement qui le surveillent. Nous sommes dans un autre pays, le Japon a des codes dans les liens entre les personnes qui ne ressemblent pas forcément aux nôtres, de plus on nous montre aussi un autre temps, où les rapports étaient encore plus différents.

VOCABULAIRE
Classique, quelques paroles en allemand, non traduites.

Commentaires. Ce film ne comporte pas vraiment de scènes qui risquent de choquer, mais l’histoire est extrêmement dure. Une histoire d’amour tragique, où les personnes prises dans les contraintes de leur société tentent de prendre le maximum de temps ensemble, mais c’est pathétiquement peu, surtout que la demoiselle est malade. Un film sur le don de soi, très japonais. Un film sur la mort et l’emprise qui doivent être bien explicitées pour ne pas rester dans un premier degré, le nationalisme japonais mérite d’être vu par des yeux critiques, c'est suffisamment subtil et respectueux des personnages pour que l'enfant risque de ne pas saisir toute la critique de l'armement, la guerre. Un beau film plein de poésie, pour une fois chez ce réalisateur bien cachée derrière les difficultés d'exister dans notre monde d'humains.

Thèmes. Asie. Deuxième Guerre mondiale. Guerre. Travail monopolisant. Égalité des sexes. Maladie. Mort. Pauvreté. Sacrifice de soi. Nationalisme. Historique. Poétique

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