Quels films pour nos enfants ?

Des films pour les enfants, série adaptées à leurs âges

 

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Ernest et Célestine

ERNEST ET CELESTINE

Sans dégâts dès : 4 ans - Âge conseillé : 6 ans

 

DUREE
80 minutes
MONTAGE

Film de 2012. Belle animation, avec des fonds en aquarelle qui mettent en valeur les personnages principaux. Petites ellipses, deux rêves. Sur la fin, deux actions se déroulent en même temps.

MESSAGE

Amitié. Rencontre improbable entre deux personnages qui vont s'apprécier et ne plus vouloir se quitter. S'entraider, soigner l'autre, le revaloriser. Difficile quand les clans ne souhaitent pas que deux personnes restent ensemble. Solidarité, ne pas dénoncer l’autre, même si on a des ennuis à cause de lui.

Domaines artistiques revalorisés. Importance de laisser les enfants apprécier le dessin ou la musique, ne pas dévaloriser leurs productions, les soutenir dans leurs envies. La petite Célestine apprécie dessiner, on la voit progresser. Moment onirique où la musique fait danser les formes et couleurs. À la fin du film, les personnages ont le projet de raconter leur histoire, on les voit en fait élaborer le livre qui a inspiré ce film.

Critique du vol. Même si les personnages se permettent des vols, que cela ne leur cause pas vraiment de culpabilité, ils vont subir assez de pressions pour que l'enfant qui voit le film réalise que ce n'est pas bien. Sanction.

Police. La loi (justice et police) est présente, et se montre plus ou moins forte. Même si elle est plutôt critiquée (on se moque de la police pas toujours efficace ou du juge trop colérique, obtus, trop ancré dans son jugement pour voir la réalité) elle est très présente, et on ressent bien que lorsque l'on fait des bêtises il risque d'y avoir des sanctions. Loi.

Amour parental. Dans ce film cette petite souris n’a pas de famille, pas de parent, elle va tisser un lien avec un gros ours ce qui va lui permettre d’avoir accès à quelqu’un qui l’aime, qui prend soin d’elle. On perçoit la souffrance de se sentir seule et besoin d’avoir quelqu’un.

Travail. Importance de participer aux efforts de la communauté. La tribu souris n’est pas tendre, avec Célestine, elle doit travailler et apporter des dents, elle peut être moquée parce que son travail est insuffisant, et elle ne veut pas être destinée à faire ce que tous les autres font.

Tolérance. Ouverture sur le monde de l’autre, combattre les préjugés. Montrer que les peurs sont souvent non fondées. Critique de la crainte de l’étranger, qui peut être différent, mais sans danger.

Faire son propre chemin. Critique de la société qui pose ses valeurs et qui souhaite que tous suivent les principes qu’elle impose. Ouverture sur les capacités propres à chacun, revalorisation de l’autonomie, du dynamisme. Oser être différent. Ne pas s’aliéner dans une société dans les fondements ne nous correspondent pas. Lutter contre les choses qui ont toujours été comme ça et c'est comme ça. S'affirmer.

Critique de la consommation. On voit comment un système de commerce fonctionne, avec une famille dont le père vend des bonbons aux enfants et une mère qui remplace les mauvaises dents. On voit le fonctionnement d’un commerce qui fonctionne au sourire à la clientèle et qui vend des choses mauvaises tout en protégeant son enfant de cette mauvaise consommation. - L’intérêt de ces vendeurs, c’est le profit, on voit même le père heureux de constater que son fils ait déjà la bosse du commerce.

Petite fille active. Célestine prend des initiatives, sait ce qu'elle veut. Elle ose se confronter au monde des adultes et défendre ses positions. Femme performante.

Danger. Banalisation des messages de protection des parents. L'ouverture sur l'autre relativise les histoires de grands méchants messieurs qui peuvent faire du mal. C'est quand même bien parfois de faire des pressions sur l'enfant pour qu'il craigne « le grand méchant ours ». Peur. On verra les héros confrontés à différents moments tendus.

Découverte de saisons (l'hiver et le printemps). Amusante explication sur le pourquoi la petite souris vient prendre des dents.

Protection des animaux. Critique de la violence contre les petits animaux (après ce film, ce ne sera plus évident de se débarrasser d’une petite souris, même si on nous a appris quelques moyens).

Égoïsme. Ernest va apprendre à ne pas avoir peur de partager. Il va réaliser que la petite souris ne prend pas beaucoup de place, ne va pas manger tous ses bonbons.

Critique des friandises. On nous fait bien comprendre que cela fait du mal aux dents les sucreries.

SCENES DIFFICILES

Mise en danger. Se faire repérer par une famille ours, avec le père qui lui fonce dessus pour s’en emparer. Être coincé dans une poubelle, ne pas pouvoir en sortir. Ernest prend Célestine dans une poubelle pour la manger, on voit sa gueule en gros avec ses dents, la petite souris crie "Ne me mange pas, ne me mange pas". Mais c'est vite désactivé avec le tempérament de Célestine. Les héros fuient les policiers souris qui veulent l'attraper et qui forment une sorte de masse, tension quand ils parviennent juste à sortir des égouts avant que la masse ne les atteigne.

Malaise. Être recherché par la police, devoir se cacher (rester à la maison, repeindre le camion pour qu'il ne soit pas vu). Ernest dans la maison des souris. Procès: les héros se retrouvent en prison, seuls chacun de leurs côtés. On voit qu'il y a menace de sentence forte (piège à souris qui coupe ou géant). Les scènes se voient en alternance, on peut craindre pour la vie d’Ernest que l’on ne voit plus pendant un moment. On entend des paroles dures à l'encontre d'Ernest et Célestine que l'on pourchasse pour leurs "crimes", on parle de punition, sentence, gravité. L'ours veut préserver la souris en ne lui disant rien, mais elle finit par apprendre que la police reste à leur trousse. Cauchemar. Célestine se voit sur un bateau, sur une mer constituée de gendarmes souris, c'est plutôt oppressant, elle tombe à l'eau, sensation d'étouffement. Le rêve d'Ernest a un début qui ne se distingue pas de la réalité, il s'enfonce étrangement dans son lit. Ernest mange des bonbons, puis apparaissent beaucoup de Célestine qui grignotent ses friandises, il n'arrive pas à les arrêter, stresse, il tombe. Vol. On voit Ernest manger des bonbons qui ne lui appartiennent pas, Célestine l’a motivé à le faire. On montre comme l’envie prime sur la raison «J’avais faim et ça sentait bon». La société des souris demande à ses enfants d’aller voler les dents aux ours. Ernest et Célestine vont voler des dents en cassant des choses dans le magasin, ils vont ensuite voler une voiture.

Tension. L'ours voit un petit oiseau, il l'imagine comme repas et s'en approche avec un poêle pour l'assommer et des miettes pour l'appâter. On entend du bruit dans l'escalier qui mène à la chambre des petites souris. Ernest doit être discret pour voler et il fait beaucoup de bruit, c’est la nuit et on peut imaginer qu’ils vont se faire attraper. Célestine sort de sa cave malgré l’interdiction d’Ernest, on peut craindre qu’il ne la gronde. Orage. Gros nuages qui obscurcissent l'environnement. Tonnerre, éclairs. Ernest voit une ombre fantomatique qui l'interpelle dans les nuages. Feu. On voit en parallèle deux tribunaux en flammes, avec les juges qui risquent d'être brûlés, les gens s'enfuient. Peur en sursaut. Petit sursaut quand l'ours éternue en faisant tout trembler.

Tristesse. Ernest se montre agressif, il ne vaut pas de souris dans la maison et jette Célestine dehors. Célestine parvient à rester, mais se retrouve seule dans la cave, se fait un petit nid douillet en se blottissant contre une peluche, pathétique. On ressent la solitude et la souffrance de la petite souris qui se sent exclue par sa tribu, seul au monde. «Personne ne m’aime», elle se sent maudite. Se retrouver seule en prison. Célestine est dans une grande cellule. Méthodes musclées de la police. On le voit confisquer les instruments d’Ernest, on peut se sentir triste pour lui. Ils vont le capturer,

Adultes agressifs. La gouvernante tente d’effrayer les petites souris en leur faisant craindre le monde extérieur (elle fait des ombres de bestioles à grosses dents sur les murs). Le patron dentiste où Célestine est stagiaire la fait travailler l’envoyant à l’extérieur de nuit, il lui ordonne de ne revenir chez elle que lorsqu’elle aura trouvé 50 dents. Juges agressifs, que l’on voit se mettre en colère, ne pas se maîtriser, ne pas écouter. Agressivité de la police qui confisque les instruments d'Ernest. Il se retrouvera à l’arrière d’un fourgon, entravé, muselé. Étrange souris espion, encapuchonnée, noirâtre, rapide, qui observe ce qui se passe et donne des informations pour capturer Célestine.

VOCABULAIRE
Classique (quelques rares termes populaires comme bouffer ou débile)

Commentaires. On peut repérer une grande quantité de moments avec tensions (même si c'est vite désactivé, j'ai quand même reçu des remarques de parents qui me renvoient qu'à 4 ans, l'enfant aura peur, jusqu'à 6 ans mieux vaut un accompagnement). Une petite merveille d'animation à voir en famille. Même si a priori l'aspect fait enfantin, les plus grands auront de quoi réfléchir. Daniel Pennac a travaillé sur ce scénario en toute intelligence.

Thèmes. Animaux anthropomorphes. Souris. Amitié. Artistique. Ours. Tolérance. Travail. Amour parental. Vol. Consommation. Sucrerie. S'affirmer. Femme performante. Saisons. Égoïsme. Protection des animaux. Danger. Peur. Police. Loi. Sanction.