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Le château ambulant

LE CHÂTEAU AMBULANT

Sans dégâts dès : 7 ans - Âge conseillé : 10 ans

DUREE
88 minutes
MONTAGE

Film d'animation de 2004 qui s'amuse avec le temps et de nombreuses conventions, ce qui complexifie la lecture pour les plus petits (et même les plus grands). Miyazaki aurait dit vouloir surprendre le spectateur à chaque scène, la trame narrative est parfois compliquée à suivre, même pour un adulte. Il peut y avoir plusieurs choses en parallèle.

MESSAGE

Quête identitaire. Le réalisateur joue avec ses personnages, il fait un travail sur les apparences, les faux-semblants, les masques. En lien avec les émotions qui révèlent souvent le vrai soi. Un film qui parle de ce que l'on est, avec deux personnages principaux Hauru (sa nostalgie de l'enfance, sa difficulté à se positionner) et Sophie (avec une mauvaise estime de soi, une crainte d'être femme). Affirmation de soi. Une demoiselle doit découvrir qu'elle peut décider les choses pour elle. Faire le choix de qui l'on est. La force vient aussi de l'énergie que l'on peut dégager. Accepter sa féminité. Trouver sa propre beauté, ne pas rester solitaire et distante, ne pas se comparer à celles qui ont plus de blondeur et de maquillages. Prendre du plaisir à découvrir de belles choses. Difficulté d'assumer. Le sorcier Hauru se montre froussard, il doit apprendre à faire face. Les responsabilités permettent d'être dépassées et de devenir plus fort, d'être remercié. Mener sa vie. L'expérience de Sophie lui a permis de faire un choix, de se positionner avant que sa vie ne lui échappe. Paix intérieure. Après avoir travaillé sur notre chaos interne, on peut mener une vie paisible. Pas de manichéistes. Les personnages ne sont pas foncièrement bons ou méchants, ce qui les rend complexes.

Amour. Existe-t-il un dénouement heureux ? On nous laisse croire ici que tout finit bien, avec des personnages enfin en paix et amoureux (pourtant la chanson du générique de fin renvoie plutôt à une séparation). L'amour est très présent, mais les codes sont bouleversés, le feu, le coeur, le corps, tout est utilisé, mais sans les repères habituels. Oser l'amour. Il faut s'ouvrir à la vie, se lâcher, ne pas rester vieille fille. Ce n'est pas être sérieux, qui est le plus important dans la vie, il faut oser le rêve, la passion et l'amour. Drague. On critique ceux qui se le permettent lourdement. Liberté. Exemple d'un homme qui ne veut pas s'enfermer dans une relation, qui veut se sentir libre (on nous montre un joli coeur, il a pu blesser des demoiselles en amour, ne se sent pas mieux pour autant, on découvre comment il va tomber amoureux et mieux gérer sa vie. Force de l'amour. On peut sauver beaucoup de monde avec l'amour. Importance des sentiments. Expression (stéréotypante) de l'amour. On voit que l'homme offre des choses, permet à la demoiselle de rentrer dans son monde secret, on le voit protecteur. La femme exprime son amour avec des mots, donne un baiser (et sait bien faire le ménage).

Apparence. Tout ne peut pas se résumer avec l'apparence, on nous montre bien ici que ce qu'il y a à l'intérieur de soi est plus vrai. L'état d'esprit, que cela soit la déprime d'Hauru ou de la vieillesse avant l'âge de Sophie apparait visuellement. Critique d'une demoiselle qui se dévalorise parce qu'elle ne se trouve pas belle. Critique d'une beauté esthétique. On se moque de Hauru qui est désespéré d'avoir raté sa couleur de cheveux. Superficialité. Critique de la mère de Sophie qui pense surtout à son apparence, au luxe.

Critique de la guerre. Hauru qui devait combattre décide d'éviter les morts et lutte contre tous les engins de guerre. Hauru se retrouve malmené, il doit combattre, mais rejette la guerre, il risque des problèmes, un vrai antimilitariste. Influence des puissants. Un conflit qui émane des puissants qui utilisent le peuple. Contraste entre les motivations des sorciers et des rois, en regard du peuple qui peut souffrir de cela. Agressivité. On voit comme les hommes deviennent des monstres en combattant. Absurdité. Le peuple souffre dans la guerre, on n'a pas à reconnaître les vaisseaux, ils sont tous dangereux, il n'y a pas d'alliés ou d'ennemis, de vainqueurs. C'est aberrant comme on voit qu'un chien et un ancien épouvantail sont ceux qui vont faire arrêter la guerre.

Autoprotection. Un film qui nous montre bien les différentes carapaces que l'on peut se mettre pour se protéger (se protéger dans le travail, mettre en avant une apparence, tenter de vaincre le temps).

Malaise existentiel. On nous montre une personne qui dévoile parfois ses faiblesses, il peut paraître fort et beau, mais il n'est pas sûr de lui. Chagrin d'amour. Les histoires de coeur peuvent faire souffrir.

Revalorisation. C'est en reconnaissant l'autre, ses potentiels, son aide, sa beauté, que l'on peut remonter son estime de soi. Cadeau. En offrant différentes choses, on revalorise l'autre.

Aider l'autre. Prendre soin les uns des autres, et aider même ceux qui nous ont un jour fait du mal. Empêcher des bombes de tuer, critiquer la guerre et l'empêcher. Protection. On devient plus fort quand on a un être aimé à protéger.

Ne pas s'enfermer dans le travail. On nous montre une demoiselle qui investit beaucoup dans son travail, qui s'y cache presque. Choix du travail. Oser choisir ce qui nous corresponde, ne pas suivre forcément ce qui nous est légué par les parents.

Créer une famille. Importance de créer une famille. Tous les personnages vont former un petit groupe qui a l'apparence de la famille (avec une vieille grand-mère, un couple, un enfant, un chien). On nous montre ce qu'il faut pour qu'une jeune fille puisse être prête à fonder une famille. Créer des liens. Sophie va rencontrer des personnes, et en faire sa famille. Équipe.

Liberté. Calcifer va vouloir rester dans le château dès le moment où il est libre de le faire. Il ne faut pas contraindre les gens, mais en les appréciant, les reconnaissant, ils vont rester avec nous (que cela soit un homme ou un démon).

Vieillesse. Ce n'est pas drôle de vieillir, rhumatisme, plus de difficulté à se mouvoir. Les personnes ne paraissent pas toujours leurs âges, on nous montre une femme très vieille qui a fait en sorte de pouvoir rajeunir, ou une jeune qui a une vie de vieille femme.

Nature. On revalorise les beaux paysages. On voit un marché avec de bons aliments. Ce ne sont pas les maquillages qui créent les plus jolies filles.

Puissance. On nous montre des personnages puissants qui deviennent moins que rien. On a peur de certaines personnes qui ne sont pas si puissantes, parce qu'elles sont seules, il faut tenir aux autres pour dégager de l'énergie. On devient plus fort à deux, des pactes sont passés qui permettent du partage de pouvoir. Force de l'amour. On obtient ce que l'on veut par l'amour, pas par la force.

Stéréotypes. On nous montre des rôles stigmatisants, la femme fait le ménage, l'homme dragueur qui part à la guerre.

Excentricité. Personnages qui sortent de l'ordinaire, difficile à saisir au début.

SCENES DIFFICILES

Mises en danger. Sophie et Hauru se retrouvent suivis par des ectoplasmes personnages, étranges et mous, ils se rapprochent d'eux, font peur. Hauru en pleine guerre, dans le ciel , transformé en oiseau, il doit combattre des monstres avec grosses dents. On le verra rentrer de mission, lui-même devenu monstrueux. Sophie doit conduire un engin volant, elle ne se sent pas capable de la faire, elle risque de foncer contre un arbre, de ne pas parvenir à arrêter le vaisseau et foncer contre le château. Les sbires de Mme Suliman s'agglutinent devant la porte et veulent entrer. Hauru se bat sur un avion qui va se crasher, il sera plus tard encerclé, Sophie craint pour sa vie. Bombardement, explosion, maisons en feu, les soldats de Mme Suliman vont entrer par effraction et en parallèle il y a une bombe qui va faire exploser la maison. Hauru se fait poursuivre par des soldats monstres dans un paysage fleuri, il veut protéger Sophie et la faire partir, mais il y a un risque qu'elle n'atteigne pas la porte assez vite. Ce qui reste du château ambulant va se couper en deux, Sophie est précipitée dans un précipice, séparé de ses amis. Sans la magie, le plancher s'effondre et glisse dans un précipice, Navet va les sauver en se mettant lui-même en danger, la moitié de son corps épouvantail est détruit.

Tristesse. Le château va subir différents dégâts, on va le voir s'effondrer au départ de Calcifer, il deviendra en mauvais état, très humide. Grosses larmes de Sophie qui craint avoir tué son amoureux. Trahison de la mère qui est forcée à laisser chez sa fille un sac rempli de différents maléfices qui vont rendre Calcifer malade.

Malaise. Maléfice lancé sur Sophie, la pauvre se réveille toute vieille, elle ne sait pas comment faire pour redevenir normale, va partir seul, part en montagne, elle n'a pas d'endroit où dormir, le soleil se couche, il y a beaucoup de vent. Retour d'un bateau en flamme, la guerre fait rage, avion ennemi qui arrive on peut craindre pour les habitants. Sorcière des landes qui monte les marches, cela lui semble difficile, elle sue et laisse apparaître de plus en plus de graisse. On commence à plaindre la sorcière des landes que l'on considérait méchante. Les supports de Mme Suliman recherchent la maison du magicien, avec la faiblesse de Calcifer, ils deviennent plus visibles. Les soldats veulent entrer de force dans la maison du magicien, arrivés à l'intérieur, on découvre que c'est vide, inhabité depuis longtemps. La vielle magicienne s'empare du coeur qu'elle désire ardemment, elle semble bruler à cause de Calcifer, Sophie doit l'asperger d'eau, elle craint avoir tué le démon et son amoureux. La jeune femme doit passer par une porte ouverte sur du sombre. Sophie s'enfonce dans de l'herbe, pour finir par s'effondrer dans un gouffre sombre qui la renvoie dans le présent. Sophie embrasse Hauru transformé en monstre. En rendant son coeur à Hauru, il y a le risque de tuer Calcifer.

Fausse mort. Le petit démon de cheminée, Calcifer craint de s'éteindre lorsque Sophie nettoie la cendre, on le voit devenir plus petit, tomber au fond du récipient où il était mis, la flamme éteinte (c'est Hauru qui le réanime de justesse) (heureusement, car il semble que leurs vies sont liées).

Personnages inquiétants. L'héroïne est entourée de personnages étranges, et que l'on ne peut pas cataloguer gentils ou méchants, ils restent inquiétants pour les plus jeunes, on ne peut pas vraiment se fier à eux. Miyazaki joue avec les codes, les personnages ne sont pas ce qu'ils semblent être. Hauru va paniquer à cause de la perte de la couleur de ses cheveux, il déprime, suinte du liquide vert, devient mou, il invoque des esprits sombres, ombre inquiétante. Il se transforme en oiseau monstrueux, on voit ses empreintes avec un liquide qui peut être du sang. Calcifer est mignon, mais peut parfois prendre une forme plus agressive en montrant sa force.

Inconnu. On ne sait pas vraiment à quoi s'attendre avec cet animé. Les personnages traversent des portes qui peuvent les paysages dans des mondes inconnus, parfois sombres ou étranges. Perte de repère.

Étrangeté. Les décors aussi changent, fondent, cela peut être assez surprenant. Château qui bouge. Une porte qui peut s'ouvrir sur quatre différents paysages.

VOCABULAIRE
Classique

Commentaires. Les plus jeunes risquent de ne rien comprendre. Film très intéressant (comme tous les Ghibli) mais celui-ci s'accorde beaucoup de liberté, certains diront que ce n'est pas le meilleur de ses films (surtout parce qu'il peut partir dans beaucoup de direction, avec des messages qui ne sont pas évidents à faire ressortir), c'est en tout cas poétique et magique, et il mérite plusieurs visions.

Thèmes. Sorcière. Quête identitaire. Guerre. Protection. Apparence. Liberté. Vieillesse. Nature. Affirmation de soi. Chagrin d'amour. Créer une famille. Poétique. Excentricité. Équipe. Magie.