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Le chat du Rabbin

LE CHAT DU RABBIN

Sans dégâts dès : 9 ans - Âge conseillé : 13 ans

DUREE
100 minutes
MONTAGE

Un film d'animation de 2011, tiré de la bande dessinée homonyme de Sfar, dans un rendu très proche du dessin original. Effet d'ellipse pour réduire le temps du voyage. Effets de rêves. L'effet 3D ajoute plusieurs dimensions à l'animé et en dehors de quelques rendus étranges de frottement avec les personnages animés, sert bien l'effet visuel.

MESSAGE

Religion. Nécessité de dédramatiser les tensions entre les différentes religions. On voit un chat qui remet en question l'existence de Dieu (qui croit plus au carbone 14 qu'aux dates écrites dans le livre saint, qui imagine plutôt des hommes préhistoriques qu'Adam et Eve). Critique des fanatiques religieux, qui prônent l'intolérance et qui demandent à l'autre de se convertir, qui sortent les armes au nom de Dieu. Ouverture sur l'autre. On nous présente des croyants qui peuvent voyager, discuter, aimer des personnes qui n'ont pas la même religion.

Voyage initiatique. Il peut se faire à n'importe quel âge pour une ouverture sur le monde. La recherche d'un lieu idéal, une ville où on espère que l'autre va nous accepter et aimer. Un lieu difficile à atteindre. Avec l'idée que les véritables rencontres se feront surtout durant le voyage. La ville idéale est remplie d'habitants qui ne sont pas ouverts sur l'autre et sa culture (critique de ceux qui ne restent qu'entre eux et qui ne changent pas leur mode de vie, au risque d'être complètement en dehors de la société).

Relation entre un père et sa grande fille. Respect de l'aîné, besoin d'amour, difficulté de voir son enfant grandir, vouloir le préserver du monde politique et des romans d'amour.

Critique du racisme. C'est présent dans chaque communauté. Critique des cafés qui ne servent pas à boire aux Juifs ou aux Arabes. On critique les représentations de l'Africain comparé au singe ou du Juif lui aussi stéréotypé. On voit une sympathique représentation du colonialisme belge avec un Tintin au Congo prêt à vanter la nécessité de se laver. Utilisation du mot "nègre" plusieurs fois.

Affronter le monde. Critique de celui qui n'ose pas affronter les choses et qui s'angoisse sans s'être informé de ce qui lui arrive vraiment.

Quelques morales. Ne pas mentir, ne pas dire le nom de Dieu, maîtriser les 613 commandements, "tu aimeras ton prochain comme toi-même".

Amour, drague et sexualité. Une certaine sensualité se dégage du film, et même dans un monde où les corps des femmes ne sont pas mis en avant, on peut bien deviner leurs formes. Quelques scènes où des personnages sont dénudés (mais on ne voit pas grand-chose). Le chat est dans un besoin du contact, de caresse avec sa maîtresse, il la veut rien que pour lui. Le jeune russe drague les demoiselles avec son art du crayon, cela fonctionne bien, on le verra embrasser goulument une serveuse.

Histoire. Nous sommes plongés dans le monde juif à Alger au début du siècle. Avec la montée du communisme en Russie.

Place de la femme. Critique des religions qui enferment les femmes (l'idée qu'elles doivent obéir, qu'elles sont comme des richesses qui doivent rester cachées). On découvre le conditionnement des jeunes filles qui attendent leur futur mari, l'idée de pouvoir être une bonne épouse pour lui.

Problématiques existentielles. Le chat réalise qu'avec la parole ses rêves deviennent plus complexes et qu'il peut souffrir d'imaginer que sa maîtresse bien aimée pourrait mourir.

Exemple de personnage extrême. Il veut vivre pleinement, parle de violence (envie de tuer), d'amour (plutôt de sexe), d'alcool.

Les armes tuent. Sfar considère que l'utilisation des armes ne doit pas être minimisée, et que lorsque ses personnages sortent des sabres, c'est dangereux, que les armes cela tue vraiment, avec du sang. Il ne cache pas les choses.

Équipe. Fonctionner ensemble, malgré les différences.

SCENES DIFFICILES

Mises en danger. Animaux sauvages, avec le scorpion qui se précipite contre le chat, on réalise après un moment qu'il a été piqué et qu'il risque de mourir. Un crocodile saute conte les passagers du radeau. Le lion domestique rugit fort. Le chat reste un animal sauvage, qui peut sauter sur un petit oiseau et le manger.

Visuel effrayant. Il y a une scène violente dans ce film: un des héros sort son sabre pour combattre, il transpercera son ennemi avec effet de sang. Puis va se faire embrocher par plusieurs lames. Il crachera son sang, tombera mort, la bouche en sang.

Peur en sursaut. Chat qui saute en miaulant fort pour manger le perroquet. Coup de fusil quand le Russe est faussement mort dans sa caisse.

Étrangeté. Rêve, avec le rabbin aux orbites noires qui pleure. Moment étrange où les personnages se métamorphosent.

VOCABULAIRE

Langage simple, mais empli de philosophie (en dehors de termes spécifiques religieux). Moments où un personnage s'exprime en Russe.

Commentaires. Un film qui devait correspondre à ce que les lecteurs ont apprécié de la bande-dessinée. Il n'a pas été édulcoré pour devenir un dessin animé pour enfants. Une poésie efficace pour ceux qui n'ont pas besoin des rythmes et des ficelles des scénarios américains.

Thèmes. Chat. Religion. Voyage. Voyage initiatique. Désert. Afrique. Relation au père. Racisme. Sexualité. Drague. Égalité des sexes. Arme. Tolérance. Historique. Équipe.

Ce que disent les autres. Pour FilmAges, l'âge légal est de 7 ans et le suggéré 14 ans "Film d'animation tiré de la bande dessinée éponyme, le chat du rabbin nous parle de la religion juive et de certains de ses rituels. L'histoire nous amène aux liens entre juifs, musulmans et chrétiens et évoque le colonialisme et le racisme. L'humour est bien présent tout comme les clins d'oeil à nos références culturelles dans la bande dessinée. Le chat donne son avis sur les aventures qui engagent chaque personnage à préciser pensées et désirs. Le récit nous fait découvrir que, quelle que soit sa communauté ou sa religion, chacun peut faire preuve d'étroitesse d'esprit. Il souligne que les amitiés permettent de réaliser les aventures souhaitées. Le dessin et la musique soutiennent l'histoire avec sensibilité et précision. Même si le chat du rabbin nous conduit dans toutes ces aventures, les thématiques évoquées demandent des connaissances historiques et religieuses et sont donc peu accessibles aux plus jeunes. Ce film s'adresse aux adolescents avertis et aux adultes."