Des films pour les enfants, série adaptées à leurs âges

 
 

 

 

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CENDRILLON

Sans dégâts dès : 4 ans - Âge conseillé : 6 ans

DUREE
74 minutes
MONTAGE

Film d'animation de 1950. Histoire linéaire, avec des scènes bien découpées (on va suivre Cendrillon, mais aussi le roi en parallèle). Narrateur au départ qui explique le contexte, avec une ellipse.

MESSAGE

Devenir adulte. Et surtout s'ouvrir à l'amour. On donne la permission de minuit pour que la jeunesse puisse faire ses expériences. On voit un père qui veut que son fils se trouve vite une femme. Passage du monde de l'enfance au monde adulte. La sexualité est bien cachée derrière la question de rentrer avant minuit, la demoiselle ne doit pas faire de bêtises.

Beauté. Nous sommes dans le stéréotype du beau qui est gentil, l'image parfaite que l'on devrait atteindre. On revalorise Cendrillon qui a tout pour plaire (beauté, gentillesse, belle voix, sait coudre, a des petits pieds, et est soumise). Les méchantes sont laides, capricieuses et se chamaillent. Apparence.

Amour. Une histoire d'amour. Coup de foudre. Critique du mariage arrangé (ce que souhaiterait le roi qui veut au plus vite des petits enfants). Les mariés doivent s'aimer d'amour (et cela peut se passer en un regard, mais surtout si on est une belle cendrillon). Se faire apprécier de l'homme. Toute cette beauté n'est utile que pour être choisie par un prince.

Aider l'autre. On peut recevoir l'aide en contrepartie de notre gentillesse. Don de soi. Les souris vont jusqu'à se mettre en danger pour aider Cendrillon.

Recherche du bonheur. Même si les temps sont durs, un jour on peut avoir le bonheur. Mais quand on recherche par tous les moyens la gloire, on risque de se retrouver plus bas. Croire au futur. Les rêves de bonheur vont un jour se réaliser. Accepter les malheurs du présent, des jours meilleurs viendront.

Soumission. Ceux qui acceptent de faire ce qu'on leur demande sont des femmes à marier (qui plus est quand en plus elles ne sont pas intéressées par l'argent).

Aimer les animaux. Ne pas faire de mal aux petites bêtes. Nourrir les animaux, être en lien avec eux.

Critique de l'injustice. On nous montre la souffrance que cela peut générer. Favoriser ses propres enfants. On nous montre comme ce n'est pas bien de favoriser ses propres enfants (les souffrances de Cendrillon en rivalité avec ses soeurs et sacrifiée par la belle-mère). Les problèmes d'une famille recomposée. Accuser à tort. Que cela soit un chien qui n'a rien fait à un chat, ou une cendrillon qui n'a jamais embêté ses soeurs, il ne faut pas porter des conclusions trop hâtives. Dénigrement.

Importance des règles. On voit comme Cendrillon accepte l'autorité. Et quand elle ne respecte pas l'heure de rentrée, on voit comme c'est stressant.

Problème avec la mère. Une rivalité entre femme autour des tâches et du prince. Tout ça pour que l'enfant puisse faire face à ses fantasmes inconscients de haine et de dégoût envers ses parents sans se sentir coupable (merci les contes...).

Critique des tyrans à la maison. Que ce soit la belle mère qui veut imposer sa loi, ou le roi qui fait comme il veut, on nous montre bien que ce ne sont pas les personnes les plus sympathiques qui tentent d'imposer les choses. Emprise.

SCENES DIFFICILES

Maltraitance. On nous explique au début le malheur de la petite fille. Une méchante marâtre qui vit à côté de sa victime jours après jour, elle doit vivre les critiques, la soumission, le mépris, la haine, le mensonge.

Mises en danger. Le chat Lucifer, brute impitoyable qui se réveille de sa léthargie quand les souris approchent. Il va plusieurs fois tenter de les croquer. Jak a perdu à la courte paille et c'est lui qui doit s'approcher du chat. Gus veut prendre trop de fromage et il ne voit pas le chat qui est derrière lui. Deux souris doivent récupérer une clé qui est dans la poche de la belle mère, c'est tendu. Gus, caché dans une tasse, risque de recevoir du thé brulant sur lui.

Malaise. Cendrillon est très sollicitée, elle doit devoir répondre aux deux soeurs en même temps, celles-ci sont dédaigneuses, peu sympathiques. La belle-mère la punit pour une chose qu'elle n'a pas commise, en lui donnant beaucoup de travaux à faire. Lucifer veut empêcher les souris de faire le costume de Cendrillon, en ne les laissant pas prendre un joli collier. Le temps presse et les souris doivent encore monter plein d'escaliers pour délivrer Cendrillon.

Tristesse. Lorsque Cendrillon dit qu'elle ne peut pas aller au bal. Lorsque les soeurs déchirent sa robe en voulant récupérer des morceaux de tissus que les animaux avaient posés dessus, on voit la jeune fille en guenille, elle va pleurer dehors, tout le monde est triste, moment de désespoir où elle dit ne plus pouvoir croire en rien. Belle-mère qui va réaliser que c'est Cendrillon que veut le prince, elle monte vers son appartement et va l'enfermer (on entend la jeune fille la supplier de la laisser sortir, elle pleure). La belle mère parvient à faire briser la pantoufle de verre, on croit que tout est perdu (désespoir du chambellan qui s'imagine déjà être châtié).

Incertitude. Les méchants ne sont pas punis, on ne sait pas ce qu'il advient de la marâtre et des demi-soeurs à la fin (on a une petite idée de la mort de Lucifer qui tombe du haut d'une tour).

VOCABULAIRE
Classique.

Commentaires. Mieux vaut déjà avoir raconté le conte avant de laisser voir cet animé. Les petites filles risquent d'adorer l'histoire de la princesse (stéréotype de la princesse (longs cheveux blonds, grands yeux langoureux, délicatesse, elle aime les petits animaux), les bons sont beaux, les méchants sont laids et on tombe amoureux en un regard (pour déconditionner le coup de foudre, laissez regarder la reine des neiges). Il existe un n°2 qui est plutôt un pilote de série, et un n°3, mieux animé.

Thèmes. Conte. Princesse. Amour. Animaux. Souris. Chat. Justice. Famille recomposée. Dénigrement. Emprise. Injustice. Exploitation.

Ce que disent les autres: Extrait de "Psychanalyse des dessins animé" de Geneviève Djénati. "Les contes merveilleux sont faits pour être transmis oralement. Ils sont enracinés dans la culture et mettent en oeuvre la capacité de rêverie de chacun. Leur mise en image est souvent bien reçue par les adultes. Leur visionnage trop précoce (avant ou remplaçant l'histoire racontée) est à éviter: elle crée une stéréotypie des représentations qui se substitue à la créativité personnelle de l'enfant."

Autour du conte, une analyse.