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Budori, l'étrange voyage

BUDORI, L'ETRANGE VOYAGE

Sans dégâts dès : 8 ans - Âge conseillé : 11 ans

 

DUREE
105 minutes
MONTAGE

Dessin animé de 2012, animation classique, quelques rares effets en images de synthèse (pour des bâtiments ou véhicules). Long générique avec des textes sur fond noir avec musique mélancolique. Narrateur à la voix grave, il peut nous faire transiter d’une année à l’autre rapidement (sa présence dans le film n’est pas vraiment indispensable). On a plutôt l’impression d’une succession de moments de vie qui ne sont liés par rien, un peu comme différents rêves. Des moments très symboliques, va falloir oser rechercher les liens.

MESSAGE

Voyage initiatique. Un garçon va devoir faire face seul à l’adversité. Il n’a plus sa famille et arrive dans un monde étrange où il est sensé travailler, puis il quitte la montagne et fait un voyage et des rencontres, expérimente le travail et la connaissance des choses pour résoudre son malaise.

Travail. Budori va faire des expériences de travail, si elles semblent à chaque fois différentes, c’est intéressant de constater que les mentors ou des personnages qu’il côtoie ont toujours des traits qui se ressemblent. Importance de l’implication dans le travail.

Rêve. Un film qui joue avec les moments de rêves qui sont des apprentissages (lorsque Budori est confronté à l’industrialisation, au monde des morts). Des personnages qui jouent d’autres rôles. Un film qui ne joue pas vraiment la carte de la narration pour transmettre, ce ne sont pas les apprentissages qui vont nous faire évoluer ou faire évoluer le personnage, on se nourrit d’impressions, le temps est ici différent.

Altruisme. On nous montre l’exemple d’un enfant bienveillant, on voit bien qu’il est gentil (faire le bien, être heureux et sourire). Aider l’autre.

Sens du sacrifice. C’est un peu comme si des personnes devaient se sacrifier pour que le monde aille bien. Un garçon va faire en sorte de modifier ce qui l’a fait souffrir. Budori est prêt à mourir pour sauver les autres.

Mort. Un film qui nous montre comme une famille peut se sacrifier pour que les autres survivent. Garçon qui va devoir vivre avec la culpabilité d’avoir laissé mourir sa soeur et qui transforme cela en quelque chose de vivable pour lui. Deuil. Vivre des moments où l’autre nous manque, où en en veut à la mort de l’avoir enlevé, où on tente de le retrouver où on accepte le départ de l’autre (mais cela est très symboliquement montré dans le film).

Abandon. Les parents disparaissent et laissent seuls les enfants, ce n’est pas facile à vivre et cela va se reproduire lorsque le fermier demandera à Budori de partir.

Industrialisation. On voit bien le contraste avec le travail du père du début du film (bucheron) et ce qui est demandé dans l’usine de vers à soie, on voit un jeune garçon exploité dans un travail difficile où il y a des risques. Il travaille en fait dans une sorte d’usine où tout le monde fait la même chose, où il y a des pauses et où les travailleurs semblent exploités. On voit bien le problème des effluves toxiques, on perd le naturel des choses. On demande aux employés de se presser, de faire toujours plus vite. Après ce n’est pas vraiment le progrès qui pose problème, mais la mauvaise utilisation que l’on en fait. Travail. Tenter de trouver des moyens d’améliorer le rendement de ses récoltes. Pollution. Ne pas abuser des engrais, cela risque de créer des maladies. Énergie. Tenter de récupérer l’énergie du volcan pour offrir du bien-être à la population. Création de stations géothermique. Écologie.

Famille. On nous présente une famille, avec fratrie (et un grand frère qui va tenter de s’occuper de sa petite soeur). Solitude de celui qui perd sa famille et qui n’en construit pas une nouvelle.

Nature. Des paysages dans une verte nature, sans technologie, on a l’impression de repartir 100 ans en arrière. Catastrophe naturelle. Le temps qui se dérègle, avec un hiver qui apparait très tôt. On craint la famine. Climat. On peut constater que l’on court au désastre avec des changements climatiques, Budori veut combattre le froid et permettre au peuple de ne pas souffrir de la faim (réfléchir aux dioxines de carbone pour réchauffer le climat).

Pauvreté. On nous montre une famille qui vit simplement, au début ils sont ensemble et heureux, on peut vivre simplement et être heureux. Mais avec une famine qui apparait, on réalise que cela devient plus compliqué.

Cupidité. Ne pas fonctionner que par opportunisme, le fermier est un exemple de vouloir rechercher le bien matériel.

Persévérance. Ce n’est pas parce qu’une tentative ne fonctionne pas, qu’il ne faut pas tenter de recommencer.

Connaissance. Avoir conscience qu’il n’existe pas qu’une vérité, que les choses peuvent se voir différemment. Importance de l’apprentissage, monter les échelons du savoir.

Volcan. On nous parle de lave, de croute terrestre, de personnes qui réfléchissent autour des volcans.

Chat. Les personnages sont des chats, mais cela aurait pu être aussi bien des humains, c’est juste une question de design, ils n’ont rien à voir avec ces animaux.

SCENES DIFFICILES

Mises en danger. Étrange évènement, avec l’apparition d’un chat aux yeux perçants qui arrive dans un tourbillon, il dit vouloir sauver les enfants, kidnappe la petite soeur sans que son frère puisse faire quoi que ce soit. Risquer de se briser la nuque en tombant d’une échelle où il doit faire un travail sous les ordres d’un gros chat criard. Il y a un danger qu’un volcan cause des problèmes, les hommes vont canaliser la lave du volcan.

Malaise. On entend du problème du climat et du risque de famine, il y a de la musique étrange, la petite soeur qui se plaint d’avoir faim, les deux enfants attendent leurs parents qui ne rentrent pas. Quand les parents rentrent, on les entend dire que certaines familles ne peuvent même plus nourrir leurs enfants, le père semble désespéré. Le temps passe, mais la famine va s’installer, ils en sont au stade de tenter de faire bouillir les racines, plus personne ne va à l’école, beaucoup de choses semblent à l’abandon. Le père s’énerve, on entend qu’il a cassé quelque chose, il part de nuit tenter de résoudre le problème de la faim, mais abandonne ainsi sa famille, la petite fille pleure. La mère va ensuite aussi sortir, pour tenter de retrouver le père, les deux enfants sont seuls. La petite soeur semble dépérir, elle croit entendre de la flute, on peut s’inquiéter pour sa santé. Le garçon se retrouve à devoir travailler dans un endroit étrange. Après un moment stressant où le directeur de l’usine crie de récupérer des vers à soie, le monde du travail disparaît et tout redevient normal (mais la petite soeur n’est plus là). Malgré tout le travail fourni, le riz est malade et le fermier tente de soigner sa récolte en y mettant du pétrole. Après la dernière sécheresse, le fermier demande à Budori de partir, on le voit seul sur la route. Pathétique recherche de la soeur dans une métropole, il retrouve l’homme qui l’a enlevé dans la foule, mais il le perd. On retrouve Budori entouré de monstres haineux qui crient, il semble se faire juger par le chat aux yeux luminescents, il veut récupérer sa soeur, il est hué par la foule, étrange personnage qui donne des coups de fouet en criant qu’il faut faire silence.

Tristesse. Pour autant qu’elle soit comprise par le spectateur, car elle n’est vraiment pas très visible, la mort de Budori, qui se sacrifie dans le volcan, une disparition qui est présente juste par un vide sonore. On peut aussi comprendre plus ou moins tôt que toute la famille est morte.

Fin étrange. Un tout va bien à la fin, avec le pays qui revit et verdoie. Mais on n’explique pas ce qui est arrivé à la famille de Budori, pour cela il faudra aller comprendre les messages subtils de cet animé.

VOCABULAIRE
Classique. La musique, les bruitages sont bien présents et apportent une note mélancolique à l’animé, c’est parfois même anxiogène.

Commentaires. Un film qui commence tout mignon, avec des personnages heureux, mais comme souvent dans les animés Japonais il faudra s’attendre au pire. Famine, abandon du père, de la mère, disparition de la petite soeur et un garçon qui va devoir faire ses preuves. Mais étrangement, la tension du début disparaît assez vite, on suit la vie de Budori, sans vraiment comprendre où on veut nous mener, et même finalement sa mort n’est pas vraiment explicite. Autant le dire, un enfant ne va jamais comprendre ce film, ne va jamais comprendre pourquoi Budori arrête de rechercher sa soeur (parce que l’enfant aura de la peine à comprendre que la soeur est morte et pas kidnappée et que ce que vit ensuite son frère durant ce film n’est que de tentatives de résoudre ses souffrances et trouver des solutions). J’ai posé 8 ans parce que cela commence à être intéressant à discuter avec le petit spectateur de ce qu’il peut comprendre, mais peu de chance qu’avant 12 ans les messages soient compris seuls.

Thèmes. Animaux anthropomorphes. Chat. Voyage initiatique. Deuil. Mort. Travail. Écologie. Nature. Industrialisation. Rêve. Altruisme. Aider l’autre. Fratrie. Sens du sacrifice. Abandon. Persévérance.